Meeting d'Eric Zemmour dans le Loir-et-Cher : l'extrême-droite à la reconquête de la campagne

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Eric Zemmour était à Chaumont-sur-Tharonne dans le Loir-et-Cher ce vendredi 28 janvier, sur les terres solognotes de son nouveau porte-parole Guillaume Peltier. Le candidat d'extrême-droite a opposé les banlieues aux campagne, promettant que la France rurale ne serait plus "la France des oubliés".

Ils étaient environ 800 à s'être rassemblés ce vendredi soir à Chaumont-sur-Tharonne, dans une salle des fêtes de 300 places où le masque était visiblement optionnel. Eric Zemmour est arrivé vers 18h30 flanqué de ses deux vice-présidents et porte-parole, Jérôme Rivière et l'ex-LR Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher et conseiller départemental du canton.

La campagne plutôt que les banlieues

Face à un public conquis, le candidat d'extrême-droite a fait étalage de son amour de la campagne, qu'il oppose aux banlieues. Avec une nouvelle mesure annoncée pour relancer la natalité : une "bourse de naissance de 10 000 euros" pour chaque nouvelle naissance dans une famille "de France rurale", soit 88% des communes et un tiers de la population, si l'on s'en tient à la définition de l'Insee.

Cette aide, chiffrée à 2 milliards d'euros, sera financée par "la fin de l'immigration, et la fin de l'assistanat" et servirait selon lui à "prendre en charge les frais de nounou, les frais de transport, l'aménagement du logement ou des activités extra-scolaires", autant de dépenses déjà couvertes par les allocations familiales, que le candidat veut en revanche restreindre à certains Français seulement.

Eric Zemmour a également promis de s'en prendre aux déserts médicaux, avec l'embauche d'urgence de 1000 médecins par l'État et à l'insécurité. Sur ce dernier point, il a dénoncé les "home-jacking" (cambriolages) visant les ruraux, vantant les mérites d'une auto-défense à l'américaine.

L'extrême-droite : une immigration subie

Mais en dépit de l'unité affichée, la venue du candidat de Reconquête ne faisait pas l'unanimité en Sologne. En premier lieu, du côté des élus. Le maire sans étiquette de Chaumont-sur-Tharonne, Laurent Auger, a ainsi expliqué à France Bleu, et confirmé à France 3, avoir été contacté par "une collaboratrice de monsieur Peltier", qui souhaitait louer la salle "pour une réunion politique" du conseiller départemental. "Ils ne m'ont pas du tout parlé de la venue d'Eric Zemmour", affirme l'édile, "ça aurait été bien de nous prévenir, car j'aurais sûrement refusé sa venue".

Le maire de Lamotte-Beuvron et conseiller départemental Pascal Bioulac a également déploré la venue "d'extrémistes" en Sologne au micro de France Bleu. "Ici en Sologne on n'est pas un pays extrémiste, on est plutôt un pays, peut-être conservateur mais en tout cas un pays de bâtisseurs, donc on a plus besoin de démonstrations d'actions et de projets que de communication et de façade !"

A l'extérieur de la salle, entre 20 et 30 militants issus notamment de la France insoumise, de la CGT et du NPA ont appelé à un "contre-rassemblement". Malgré un face-à-face tendu avec le service d'ordre de Reconquête, "bien déterminé à casser des g..." selon les militants de gauche, le groupe s'est dispersé progressivement.