Intimidations contre les élus : la députée LREM de Haute-Vienne, Sophie Beaudouin-Hubière, porte plainte pour menaces de mort.

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Écrit par Vanessa Finot

Les menaces contre les députés en faveur du pass vaccinal se multiplient un peu partout en France. Ce mardi, la députée LREM de Haute-Vienne, Sophie Beaudouin-Hubière, a porté plainte après avoir reçu un courrier de trois pages, la menaçant de mort, elle et ses proches.

Calme et déterminée. C’est l’impression que dégage Sophie Beaudouin-Hubière, ce mardi en fin d’après-midi, dans le bureau de sa permanence de Limoges. La députée LREM de la première circonscription de la Haute-Vienne a hésité avant de nous recevoir. Elle ne veut pas faire de publicité à ceux qui ont proféré ces menaces. Mais elle ne veut pas non plus "laisser passer". Ni les menaces, ni les insultes.

C’est pour cela qu’elle est allée porter plainte au commissariat, un peu plus tôt dans la journée. C’est pour cela qu’elle a accepté de réagir, sans vouloir commenter précisément ce courrier, que nous n’avons pu voir puisque laissé aux policiers. Nous savons seulement qu’il était constitué de trois pages tapées à l'ordinateur. Avec l’adresse et le nom de Sophie Beaudouin-Hubière, inscrits à la main sur l’enveloppe.    

Ces menaces, elles s’intensifient et donc il ne faut pas laisser passer. Elles se multiplient à l’encontre des journalistes, des forces de l’ordre, des élus… c’est juste inacceptable. Ce qui m’inquiète, c’est ce que ça dit de notre société, ce sont des attaques contre la démocratie.

Sophie Beaudouin-Hubière, députée LREM 1ere circonscription de la Haute-Vienne

Ce sont ses prises de position en faveur du pass vaccinal qui ont suscité ces menaces. Mais elles ne la feront pas flancher :

J’ai grandi sous l’aimable affection et la transmission de valeurs d’un grand-père qui était résistant. Il m’a transmis cette détermination, mes parents aussi : non, la menace ne mène à rien et ne me fera pas bouger d’un iota.

Sophie Beaudoin-Hubière, députée LREM 1ere circonscription de la Haute-Vienne

Les intimidations de toutes sortes envers les élus, notamment LREM, sont récurrentes.

Nous échangeons nos courriers de menaces, et on se soutient. Certains ont eu des menaces jusqu’à leur domicile, je pense à mon collègue Pascal Bois (député LREM dans l’Oise, ndlr) qui s’est fait incendier son véhicule dans son garage. Quand la menace passe à une exécution, là ça devient plus compliqué.

Sophie Beaudouin-Hubière, députée LREM 1ere circonscription de la Haute-Vienne

C’est pour cela que le ministre de l’Intérieur incite désormais les élus à porter plainte. Gérald Darmanin a par exemple appelé personnellement Jean-Baptiste Moreau, récemment, pour lui dire d’engager une action en justice.


Le député LREM de la Creuse est coutumier des menaces en tout genre. Une par semaine en moyenne. Menaces de mort, et même de décapitation. La dernière lui a été envoyée par mail ce matin. Sa voix trahit une réelle lassitude, mais pas de résignation.

Je n’ai pas peur pour moi, mais plus pour ma famille. C’est pour ça qu’il faut déposer plainte. Mais comme Sophie (Beaudouin-Hubière), les menaces ne me feront pas changer d’avis.

Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse

Contrairement à ses 2 collègues, Marie-Ange Magne, députée LREM de la troisième circonscription de la Haute-Vienne, s’est positionnée contre le pass vaccinal à l’Assemblée Nationale. Ce qui ne l’a pas empêchée de recevoir elle-aussi des menaces de mort et des insultes, par mail ou sur les réseaux sociaux

Je crois qu’il y a une vraie question à se poser. Cela fait 2 ans maintenant que plus de la moitié des parlementaires reçoivent des menaces de ce type. Au-delà du projet de loi instaurant le pass vaccinal. Pourquoi en est-on arrivés à un tel degré de violence ? Il y a une vraie réflexion à mener. Et l’exemple doit venir d’en haut, des élus aussi. Il faut arrêter la bataille des petites phrases.

Marie-Ange Magne, députée LREM 3eme circonscription de la Haute-Vienne

Selon la députée, consigne a été donnée à tous les préfets de prévoir des patrouilles devant les permanences et les domiciles des parlementaires.