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Petite martyre de l’A10 : les parents identifiés et placés en garde à vue 31 ans après les faits

Un nouvel appel à témoin avait été lancé en 2012 pour tenter d'identifier la fillette. / © Le Parisen /PH Lavieille
Un nouvel appel à témoin avait été lancé en 2012 pour tenter d'identifier la fillette. / © Le Parisen /PH Lavieille

Elle s'appelait Inass. 31 ans après la découverte du corps de la fillette dans un fossé de l’autoroute A10 dans le Loir-et-Cher, les parents viennent d’être identifiés et placés en garde à vue pour meurtre, recel de cadavre et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans.

Par Amélie Rigodanzo

Ce mardi 12 juin, un couple de sexagénaires originaires du Maroc et résidant en région parisienne a été interpellé et placé en garde à vue à Orléans. Il pourrait s’agir des parents de la petite fille dont le corps mutilé avait été retrouvé sur les bords de l’autoroute A10 à hauteur de Suèvres (Loir-et-Cher) le 11 août 1987.



Premier rebondissement en 2012


Celle que l’on, a surnommé « la petite martyre de l’A10 » ou encore « l’inconnue de l’A10 » s'appelait Inass, a-t-on appris ce jeudi 14 juin. Âgée de 3 à 5 ans, son corps a été découvert le 11 aout 1987 par des agents d’entretien de la société Cofiroute. Il portait des traces de morsures humaines et des brulures probablement causées par un fer à repasser selon les expertises.

La petite inconnue repose dans le cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher) / © France 3 Centre-Val de Loire / Pierre-Dominique Lepais
La petite inconnue repose dans le cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher) / © France 3 Centre-Val de Loire / Pierre-Dominique Lepais

L’enquête pour tenter d’identifier l’enfant a piétiné durant de nombreuses années. Aucun témoin n’a pu être trouvé et personne n’a déclaré la disparition de l’enfant. Les gendarmes pensent alors que le corps a été jeté par un automobiliste en transit. La photo de la petite inconnue est diffusée partout en France et son signalement communiqué à près de 30 pays, en vain.

C’est un prélèvement ADN effectué en 2012 qui permet de réorienter l’affaire. Avec les progrès de la science, du sable et de la terre provenant de la couverture qui enveloppait l’enfant ont été analysés permettant d’affirmer que la petite vivait en Centre Val-de-Loire.

Un membre de la famille interpellé fin 2017


L'arrestation d’un homme à l’automne dernier dans une affaire n’ayant aucun lien avec la petite inconnue va permettre à l’enquête de connaître un incroyable rebondissement.

Comme le prévoit la procédure dans certaines affaires, un prélèvement ADN effectué sur l’homme interpellé est automatiquement comparé au fichier national des empreintes génétiques inconnues. L’ADN de l’homme correspond à celui de la fillette, il pourrait s’agir de son frère. 

Peu à peu, les gendarmes de la section de recherche d’Orléans parviennent à remonter jusqu’aux parents et procèdent à leur interpellation le 12 juin. En parrallèle, des perquisitions ont lieu à Villers-Cotterêts dans l'Aisne et en Seine-Saint-Denis.

La mère faisait croire que l'enfant était au Maroc


Les enquêteurs ont notamment recoupé les données de la caisse d'allocations familiales pour déterminer qu'un enfant du couple n'était plus recensé. La mère faisait croire que l'enfant était au Maroc confiée à la grand-mère, selon une source proche du dossier.

Le père aurait reconnu des maltraitances de la mère sur l'enfant ayant entraîné la mort. Ils auraient dissimulé à deux le corps de la fillette. A l'époque des faits, le couple séparé depuis 2010, avait déjà deux enfants nés en 1978 et 1981.

Le père et la mère de l'enfant doivent être présentés ce jeudi 14 juin devant le juge d’instruction chargé de l’enquête à Blois en vue de leur mise en examen. Peut-être donc la fin d’une énigme criminelle vieille de 31 ans.

Le Procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, donnera une conférence de presse en fin d'après-midi. 



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