Saint-Julien-de-Chédon : les salariés de la société Daher se sont réunis pour protester contre le plan social

Mardi 29 septembre, les salariés de Daher du site de Saint-Julien-de-Chédon (41) ont débrayé devant leur usine. Ils entendaient ainsi interpeller la direction de l'équipementier du secteur de l'aéronautique pour en savoir plus sur le Plan de Sauvegarde de l'Emploi annoncé il y a 4 mois

© France 3 CVDL
Cela fait trop longtemps qu'ils sont dans l'incertitude. Près de 200 salariés du site de Julien-de-Chédon (Loir-et-Cher) de l'entreprise Daher, équipementier dans le secteur de l'aéronautique, se sont réunis mardi 29 septembre devant l'usine pour demander des comptes à la direction. 

Une journée d'action pour interpeller la direction

Ils entendent ainsi protester contre le flou laissé par la direction autour du Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE), mis en place par la direction du groupe depuis le mois de juin. L'équipementier aéronautique, fortement impacté par la crise liée au coronavirus, avait alors annoncé, dans le cadre d'un plan de restructuration, la suppression progressive de 1.300 postes en CDI. Ces suppressions s'ajouteront au non-renouvellement de la grande majorité des 1.400 contrats d'intérimaires que comptait l'entreprise avant la crise.
En protestant devant leur lieu de travail, les salariés du site de Saint-Julien veulent ainsi montrer leur inquiétude quant à leur avenir et connaître les conditions de départ, de reclassement, de mutation et d'incitation à la retraite.

"Aujourd'hui, nous n'avons aucune information sur le PSE de la part de la direction", s'indigne Laurent Gillet, ajusteur monteur. "Nous pensons que la crise du Covid-19 a été une excuse pour accélérer le processus de licenciement, et c'est inadmisssible". 
 

Un projet de cession sur deux ans

Du côté de la direction, on affirme que le site de Saint-Julien ne sera pas fermé, comme on a pu le laisser croire :
Nous allons mettre en place un projet de cession sur deux ans ", explique un porte-parole de la direction. 40 postes sur 280 vont être supprimés d'ici fin 2020. Pour le reste, ils seront transférés, soit à Nantes pour le bureau d'étude, soit à Tarbes pour la fabrication.  À terme, il restera sur le site des équipements et des volumes d'affaires pour l'éventuel repreneur.

Le groupe Daher, présent dans treize pays dans le monde, compte 10.000 salariés dont 8.000 en France. En 2019, il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros et possède quatre sites en Centre-Val de Loire. 

Le secteur de l'aéronautique en grande difficulté dans la région

Comme la plupart des entreprises du secteur de l'aéronautique, le groupe Daher a perdu, avec la crise de la Covid-19, près de 35 % de son chiffre d'affaires. Depuis le mois de mai, plusieurs entreprises du secteur ont annoncé des décisions économiques liées à la crise du coronavirus, comme Tecalemit Aerospace à Blois (Loir-et-Cher) ou encore plus récemment Mecachrome, sous-traitant d'Airbus, qui envisage de supprimer 110 postes à Amboise en Indre-et-Loire, et 160 postes à Aubigny-sur-Nère dans le Cher.

Le groupe Airbus a annoncé en juillet dernier prévoir la suppression de 15.000 postes dans le monde, dont 5.000 en France. Il a entraîné les sous-traitants dans sa chute. 

 
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