Vie de Château : "Quand on est arrivés il y avait des fuites partout, pas de chauffage et pas d'éléctricité"

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Le château de Villesavin à Tour-en-Sologne a été construit pour le gouverneur des travaux de Chambord. Depuis trois générations, il appartient à la famille de Sparre. Les propriétaires actuels, Véronique et Lars de Sparre ont renoncé à leurs carrières pour prendre soin du domaine à temps plein. 

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Quand le couple de Sparre hérite du château de Villesavin, Lars travaille dans le BTP et Véronique est assistante vétérinaire. S'ils venaient souvent aider les parents de Lars pour l'entretien, en 1993, ils lâchent tout pour prendre en main la restauration du domaine.

 "Mes parents vivaient en bohêmes. Quand on est arrivés, il y avait des fuites partout, pas de chauffage, pas d’électricité. Pour moi, il n'était pas question d'avoir froid. A moins de 22 degrés ça ne va pas," raconte Lars de Sparre. 

La première chose que le couple fait en s'installant définitivement au château est de se construire un appartement d'environ 150 mètres carrés avec un poêle à bois et le chauffage.
 

Je ne suis pas comme ces châtelains qui sont là à dire " Ben nous on vit par 13 degrés." Ça m'horripile. Un poêle à bois ça existe. Une pièce plus petite ça existe. Là on vit bien et on se caille pas. Le froid, c'est le truc qui me ferait partir parce que je suis frileux.

Lars

 

Une restauration globale pour maintenir le château debout

Lars de Sparre est presque né au château. En tout cas il y a grandi. En travaillant dans le BTP, il s'est vite rendu compte qu'il n'avait pas la même façon de voir que ses parents concernant l'entretien des bâtiments. "Ils avaient des obsessions architecturales. S'ils avaient décidé de refaire le colombier, ils se seraient focalisés sur ce chantier pendant 4 ans et pendant ce temps, le reste pouvait s'écrouler. C'était comme ça."

En professionnel du bâtiment, Lars de Sparre fait refaire tout ce qui est urgent et tout ce qui a été mal fait. "Il y a 40 ans, les artisans n'utilisaient pas les bons matériaux : des ardoises très fines, les mauvais clous... aujourd'hui on restaure pour que ça dure très longtemps."

Pour lui, l'important c'est l'avenir : " On a la responsabilité que le château ne s'écroule pas. On a envie de le sauver et qu'il y ait une continuité. Notre objectif c'est de laisser à nos enfants un château qui ne fuit pas, il faut donc un entretien global". 

Il ajoute : "Ce n'est pas très compliqué. C'est un choix de vie. Il faut juste trouver des solutions pour le gérer et le financer.
 
 

Financer les travaux... par des mariages et des musées

Dès le début, le couple de Sparre accueille des mariages et des salons événementiels pour financer les travaux. 

En 2000, Véronique et Lars ont l’idée d’ouvrir un musée du mariage après avoir rencontré un collectionneur en Bretagne qui voulait exposer sa collection dans un joli lieu. "On organisait déjà des mariages depuis des années à l'orangerie et on a trouvé cette collection extraordinaire alors on s'est lancé", nous raconte Véronique de Sparre.

Elle ajoute: "Le musée est une offre supplémentaire pour les visiteurs. Sans ces entrée?s on ne pourrait pas financer tous les travaux du château.
 

Le musée du mariage de Villesavin est unique en France. Tenues, vaisselle, trousseaux, globes, il témoigne de l'histoire du mariage en France de 1850 à 1950. Il compte 1500 pièces dont 350 globes de mariage. 

  


Le colombier tout juste restauré 

Parmi les grandes restaurations, celle du colombier en 2019 a coûté 160 000 euros. 17 000 euros ont été apportés par le loto du patrimoine. "Il fallait absolument le restaurer. Cela a demandé 6 mois de travaux," explique Véronique de Sparre. "C'est un élément important dans un château comme celui-ci. Il représente la puissance d’un seigneur et la superficie du domaine."

Le château de Villesavin accueille 20 000 visiteurs par an. 
 

Page été réalisée par Marine Rondonnier, Sanaa Hasnaoui, Samuel Foucault et Anne-Astrid Grandveau :