C'est l'une des conséquences de la montée des eaux : le centre pénitentiare d'Orléans-Saran a été évacué. Près de 400 détenus ont été dirigés vers des centres de l'ouest de la France. Les élus locaux avaient pourtant alerté sur les risques liés aux inondations avant la construction.

Depuis lundi soir, le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est petit à petit évacué. « Les sous-sols des deux maisons d’arrêt ont été inondés, entraînant d’importants problèmes techniques, des coupures d’eau chaude et de chauffage. D’autres bâtiments, tel que le centre de détention, ne sont eux pas concernés », détaille un communiqué du ministère de la Justice. Plusieurs centaines de détenus ont donc été déménagés d'un bâtiment de l'établissement à un autre avant d'être envoyés provisoirement dans une vingtaine de maisons d'arrêt, notament celles de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ou Villenauxe-la-Grande (Aube).

Un transfert délicat


 "On a dû faire un vrai travail auprès des détenus. Il a fallu prendre le temps de leur expliquer la situation, leur permettre de récupérer leurs dossiers personnels... Heureusement, il n'y a pas de problème pour l'instant. Si tout va bien les transferts seront terminés dans la journée [de mercredi]. Mais cela dépend de l'état des routes et du trafic..." a expliqué la direction de l'administration pénitentiaire à nos confrères de FranceTVinfo. "On ne peut pas faire n'importe quoi. Les détenus ont des profils très différents, certains ne peuvent pas cohabiter... Il faut réfléchir au cas par cas. On décide de les transférer dans telle ou telle maison d'arrêt en fonction de leurs attaches familiales, de leur situation carcérale et de leur procès, s'il est en cours ou à venir."

Les élus locaux et syndicats en colère


A Saran, beaucoup de personnes s'indignent, l'établissement est en effet très récent, il a été construit il y a trois ans. L'un des représentants syndicaux du personel, Aymeric Regneau du syndicat UFAP, s'insurge, "on savait depuis des années que c'était une prison construite sur un terrain inondable, nous l'avions dénoncé, en vain. On s’est retrouvé durant l'évacuation avec des bus sans escorte policière dans la circulation. C’est une situation préoccupante." Les syndicats sont aussi inquiets sur leur avenir maintenant qu’il n’y a plus de détenus à surveiller. Ils se demandent où ils seront affectés et combien de temps dureront les expertises et les travaux. Selon eux, il y aurait deux mètres d'eau dans les sous-sols de l'établissement.

Une autre personne ne décolère pas, il s'agit de Maryvonne Hautin, maire (PC) de Saran. Selon elle, la mise en garde de la mairie n’a pas été prise en compte à l’époque de la construction du site. Elle estime en effet que ces désagréments "étaient à prévoir.L’Etat devra donc payer de lourdes réparations alors que la prison n’a que trois ans à peine."

A suivre le reportage de Fabienne Marcel et Amélie Rigodanzo dans notre édition du 19-20.