Le projet controversé du Parc à Loup de Cerdon dans le Loiret obtient un avis favorable

La première étape est franchie dans le projet de parc à loups à Cerdon, dans le Loiret. Le commissaire-enquêteur a émis un avis favorable à l’issue de son enquête publique. Le texte a été publié le 5 février dernier, avec un ton qui a choqué les opposants au projet. La préfecture doit prendre sa décision prochainement pour accorder ou pas l'ouverture de la structure.

La première version du rapport d’enquête publique a été publiée le 5 février dernier. Le commissaire-enquêteur a émis un "avis favorable" au Wolf Project de Cerdon (Loiret). Il s'agit d’un parc à loups de 4 200 mètres carrés où habiteraient six loups arctiques. C’est le projet d’Anne Frézard et d'Irina Andryushchenko-Basquin. Déjà gérantes d’une structure similaire dans les Ardennes, elles souhaitent ouvrir un enclos pour des séminaires d’entreprise qui viseraient à lutter contre le mal-être au travail. Le dossier "avait déjà reçu un avis favorable de la part des services de l’État. Que l’enquêteur ait le même regard sur le dossier paraît logique", commente Anne Frézard, satisfaite. "L’objectif c’est d’avoir un public sur un temps suffisamment long pour pouvoir décliner le sujet loup sur toutes ses facettes."

Dans son avis, le commissaire-enquêteur détaille les arguments en faveur du projet. Il compare les loups à de gros chiens. "Il semble que les nuisances olfactives devraient être négligeables, du moins pas plus conséquentes que chez quelqu’un propriétaire de 6 chiens de belle taille", écrit-il. S’agissant des hurlements des animaux, ils seraient "assez limités", pas plus forts qu’un chien qui aboie ou qu’un cerf en rut. Le commissaire-enquêteur compare également, à plusieurs reprises, le Wolf Project au zoo de Beauval (Loir-et-Cher). "L’enclos des loups arctiques du parc de Beauval a à peu près cette taille pour la meute de loups arctiques détenus. Personne ne s’est plaint de cet état de fait".

Des vols de pétitions contre le projet

En décembre 2023, un homme a volé dans des commerces des pétitions contre le projet. Signe que dans le village de 970 habitants et dans ses environs, l’opposition au parc à loups est vive. En première ligne, la municipalité cerdonnaise. "Avis favorable ? On accepte, c’est le jeu. Il y a un combat à défendre, on le perd", reconnaît Hélène Tubach, 2e adjointe au maire de Cerdon. Mais elle pointe les erreurs et les inexactitudes. D’abord, le nom du village : Cerdon-du-Loiret et non pas Cerdon-en-Sologne. "Il n’y a aucun projet d’hôtel ressort. Et il en fait quand même un argumentaire important. Il manque l’avis du SDIS. Il manque l’avis des associations comme les Amis des chemins de Sologne", énumère l’élue.

Plusieurs recommandations sont faites comme trouver un hôtel pour loger les participants des séminaires, vacciner les animaux contre la rage et mettre en place "des mesures de protection". "Lesquelles ? L’État va mettre un gendarme en permanence pour surveiller les loups d’une dame pour faire du business avec ? Dès qu’il y aura une embrouille, ça va retomber sur la municipalité", prédit Hélène Tubach. "Ça va nécessiter l’installation de caméra de surveillance pour éviter que des personnes mal attentionnées viennent détruire les installations et/ou les animaux", répond Anne Frézard. "C’est inhérent à un parc animalier. Il n’y a pas de surprise".

Les opposants au projet choqués par le ton du commissaire-enquêteur

Mais ce qui interpelle dans ce rapport, c’est le ton employé par le commissaire-enquêteur. "En effet, compte [sic] tenu de l’opposition caractérisée, de certaines déclarations sur les réseaux et de l’effet cumulatif de la mauvaise publicité, il ne faudrait pas que des mécréants soient malveillants vis-à-vis de l’entreprise, des [sic] ses organisatrices, des animaux et même du public qui participerait à un séminaire […] Cela ressemble à la peur du loup du Moyen Âge". "On est intelligents. On sait lire. On a l’électricité", s’insurge Hélène Tubach. "On n’est pas contre les projets. Mais celui-ci, non. J’adore les loups. Mais je ne veux pas qu’ils soient enfermés dans 4 000 mètres carrés. En 2024, ce n’est plus l’heure d’enfermer six loups que l’on a castrés pour faire venir des mecs qui regardent ça en disant "ah c’est beau, les loups".

Avec cet avis favorable, la balle est désormais dans le camp de la Préfecture dont la décision est attendue prochainement. "Les services sont en train d’expertiser les conclusions du commissaire-enquêteur", indiquait Sophie Brocas, le préfet du Loiret, sur France Bleu Orléans ce lundi (12 février). Mais à Cerdon, on s’interroge. "Comment vouloir s’intégrer dans un endroit où à 20 km à la ronde, personne ne veut de vous ?" Sur les 1 260 messages déposés en mairie, 98 % d’entre eux sont contre le parc à loups.

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