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Loiret : deux jeunes filles tournent un court-métrage contre le harcèlement

Deux adolescentes du Loiret ont choisi de réaliser un court-métrage pour sensibiliser au harcèlement, qu'il soit moral, physique ou scolaire / © F3 centre -FM
Deux adolescentes du Loiret ont choisi de réaliser un court-métrage pour sensibiliser au harcèlement, qu'il soit moral, physique ou scolaire / © F3 centre -FM

Deux adolescentes du Loiret ont choisi de réaliser un court-métrage pour sensibiliser au harcèlement, qu'il soit moral, physique ou scolaire. Âgées de 17 et 16 ans, Dahlia Abdelkader et Emma Raynaud souhaitent avant tout sensibiliser les parents.

Par Yleanna Robert

Dans le court-métrage « Harcèlement », Aria, personnage principal, raconte son histoire, la même que « celle de milliers de personnes » .
Le spectateur la suit dans sa vie quotidienne et la voit se faire « chahuter » dans la rue, harcelée sur son portable...
Plus la vidéo se poursuit, plus Aria se renferme sur elle-même et s'isole. La musique et la voix off donne une ambiance assez oppressante au film.
Avec leurs propres moyens, leur imagination et leur vécu, Dahlia Abdelkader et Emma Reynaud proposent donc un petit film poignant sur le harcèlement, monté en deux semaines. Pour les figurants, elles ont fait appel à des amis.
 

5 Questions aux réalisatrices

Dahlia Abdelkader et Emma Reynaud / © DR
Dahlia Abdelkader et Emma Reynaud / © DR


  • Comment avez-vous eu l’idée de réaliser un court-métrage sur le harcèlement ?
D.A : Sensibiliser au harcèlement est une action qui nous tient à cœur. Nous avons été nous-mêmes victimes de harcèlement scolaire lorsque nous étions plus jeunes et nous avons remarqué qu’en ce moment, il y a beaucoup de suicides dû à cela. Au sein du lycée en forêt (Montargis), nous entendons très peu parler de ce thème. Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ne sont pas suffisants. C’est un sujet qui n’est pas suffisamment traité et nous voulions donc aider à notre manière.
 
  • Vous avez vous-mêmes été victimes de harcèlement scolaire. Pouvez-vous nous en dire plus ?
E.R : J'en ai été victime pendant trois ans lorsque j'étais au collège. J'ai fait ma 6ème à Paris et j'étais tellement mal à cause de ce que je subissais que j'étais à la limite de la déscolarisation. J'ai ensuite déménagé en Vendée avec mes parents mais j'ai aussi été harcelée en 5ème et en 4ème là-bas à cause de la couleur de ma peau, de mon physique.
En plus, à cette époque, les réseaux sociaux commençaient à prendre de l'ampleur donc cela ne m'a pas aidé.
 
  • Quel est le message que vous souhaitez faire passer avec votre vidéo ?
D.A : Nous souhaitons faire comprendre que malgré tout ce qui se passe, malgré les moqueries et autres, les victimes de harcèlement ne sont pas seules. Nous souhaitons aussi que ce court-métrage serve aux parents. Nous aimerions qu’il leur permette d’avoir des clefs de compréhension pour aider leur enfant s'il en est victime.

E.R : C'est un sujet qui reste encore un peu tabou aujourd'hui. Quand j'en parlais autour de moi, je passais pour la méchante, celle qui interprétait mal...
Ce n'est que maintenant que j'arrive à en parler un peu plus avec mes parents. J'ai réussi à m'en sortir lorsque j'ai déménagé une nouvelle fois et que j'ai rencontré une personne qui m'a beaucoup aidé et qui m'a rendu plus forte. Nous, nous avons réussi à nous en sortir donc nous voulons montrer que c'est possible.
 
  • Votre vidéo a été mise en ligne le 10 juin et compte déjà plus de 200 vues. Vous attendiez-vous à autant de réactions ?
D. A : À la base, nous l’avions partagé avec nos amis et nous avons eu beaucoup de retours positifs. Nous nous sommes alors dit que nous pourrions la publier sur le réseau Youtube. Grâce à cela, nous pouvons toucher plus de monde.
 
  • Pensez-vous que les jeunes de votre âge sont assez sensibles à ce genre de thème ?
E.R : C'est un peu compliqué. La majorité arrive à se rendre compte du mal que le harcèlement peut faire mais il y en a d'autres qui ne réalisent pas. Quelques-uns nous ont dit que c'était pour rire et qu'il ne fallait pas prendre cela sérieusement. Ces deux réactions montrent qu'il y a encore beaucoup de travail à faire en ce qui concerne la sensibilisation au harcèlement.

 

De nombreuses initiatives pour sensibiliser au harcèlement

Chaque année, de nombreuses initiatives sont lancées pour sensibiliser les jeunes et les parents au harcèlement. En novembre 2012, il y a eu la création de la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre la violence en milieu scolaire, qui vise à identifier les grandes priorités et à proposer des mesures concrètes.

En 2015, le 5 novembre a été désignée comme la journée pour dire "non au harcèlement". Cette même année, le ministère de l'Éducation a créé un numéro vert à quatre chiffres : le 3020, joignable de 9H à 18H du lundi au vendredi. Et en cas de « cyber-harcèlement », il est aussi possible de s’adresser au numéro vert « net écoute » 0 800 200 000.

Des campagnes de sensibilisation au harcèlement sont régulièrement réalisées. Comme celle annuelle de l'Éducation nationale qui prend la forme d'un clip vidéo et d'affiches. Un prix "Non au harcèlement" a également été créé. Il récompense les meilleures initiatives citoyennes qui vise à sensibiliser sur ce thème. 

Un site internet "Non au harcèlement" a aussi été créé. Il regroupe l'essentiel des ressources à disposition pour comprendre ce sujet mais donne aussi des clefs d'actions selon les situations. "Que faire si je suis victime ?" ; "Que faire si mon enfant est victime ?" ou encore "Que faire si je suis témoin ?"

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