Loiret : mouvement de grève chez le sucrier Tereos

Quatre syndicat ont appelé à la grève ce 9 décembre au sein du sucrier Tereos, propriétaire de la marque Béghin Say. Le groupe, qui emploie 4000 personnes en France, exploite la sucrerie d'Artenay, dans le Loiret.
L'usine sucrière de Tereos à Artenay
L'usine sucrière de Tereos à Artenay © DOMINIQUE LABORDE / MAXPPP
Le fonctionnement des onze usines françaises de transformation de betteraves à sucre du groupe coopératif Tereos était perturbé ce 9 décembreà la suite d'un appel à la grève, motivé par la crainte de fermeture de sites en cas de changement de gouvernance. "Le mouvement est très suivi dans les usines Tereos Sucre France. Les sites sont à l'arrêt ou au ralenti", a indiqué Lionel Cavennes, de la CGT, secrétaire du comité de groupe de droit français. Il y avait "66% de grévistes dans l'équipe du matin", a rapporté de son côté un porte-parole de la direction.
 

Bras de fer entre syndicats et "frondeurs"

Une intersyndicale CGT, CFDT, FO et CGC avait déposé un préavis de grève, désireuse de montrer que les salariés sont prêts à défendre la stratégie de la direction actuelle du 2e sucrier mondial, contre un éventuel changement de gouvernance. La direction du propriétaire de la marque Béghin Say voit sa stratégie contestée depuis plusieurs années par une partie de ses 12 000 agriculteurs-coopérateurs, représentés au sein de son conseil de surveillance.
 
Ces agriculteurs, planteurs de betteraves à sucre, désignés comme des "frondeurs" au sein de la coopérative, estiment que la diversification du groupe, en particulier dans les céréales, ne rapporte pas suffisamment. Ils plaident pour un recentrage vers les activités sucrières. Or le conseil de surveillance vient d'être renouvelé d'un tiers et doit élire ce vendredi 11 décembre son président. Les syndicats craignent que les "frondeurs" prennent l'ascendant à cette occasion, et poussent vers la sortie l'équipe dirigeante, dont le président du directoire Alexis Duval.
 
Les élus du personnel redoutent qu'une nouvelle équipe orchestre des fermetures d'usines, la cession des activités céréalières et le rapprochement avec le concurrent Cristal Union. "La stratégie menée par Alexis Duval et le directoire est la bonne, elle permet de maintenir les usines et les emplois, elle a permis de traverser les diverses crises passées et actuelles et de dégager des résultats", ont-ils plaidé dans un courrier aux coopérateurs en amont de la réunion du 11 décembre. Tereos emploie plus de 22 000 personnes dans le monde, dont quelque 4 000 en France.
 
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