Montargis : les auteurs de l'escroquerie à l'art africain écopent entre 3 et 6 ans de prison ferme

Lundi 28 septembre au tribunal judiciaire de Montargis dans le Loiret, se tenait le procès de sept personnes accusées d'escroquerie en bande organisée à l'art africain. Quatre d'entre elles ont écopé de 3 à 6 ans de prison ferme. Les peines sont exemplaires

© F3 Centre-Val de Loire
Le procès est pour le moins singulier : sept personnes (une femme et six hommes) comparaissaient lundi 28 septembre devant le tribunal judiciaire de Montargis (Loiret) pour escroquerie en bande organisée et recel de bien provenant d’escroquerie en bande organisée. Ils avaient arnaqué un couple de Loirétains pour un préjudice s'élèvant à 1,5 millions d'euros. Quatre des six accusés ont écopé de 3 à 6 ans de prison ferme et de 20.000 à 100.000€ d’amende.

Rappel des faits

Les faits se sont déroulés entre 2014 et 2019. Charles Orliaguet, ancien dirigeant des transports Tendron à Amilly (Loiret), et sa femme Catherine, passionnés par l'art africain, acquièrent des masques et des statuettes lors de plusieurs voyages au Cameroun. Ils ont comme intermédiaire un "prince de tribu" qui leur vend les objets comme des œuvres d'art d'une grande valeur.
Par la suite, un soi-disant Américain (de la même bande organisée) souhaite acquérir leur collection pour 8 millions d'euros. L'intermédiaire et l'Américain demandent au couple d'effectuer plusieurs virements pour couvrir les frais de la vente (frais de "faux" notaire, certificats d'authenticité,...).

Comprendre le rôle de chacun dans l'escroquerie

Pendant la grande majorité de l'audience, la cour a tenté de comprendre le rôle de chacun. Il y a ceux qui étaient en contact direct avec les victimes comme le faux notaire. Puis il y a les intermédiaires, ceux qui ont transporté les fonds, prenant une commission au passage.
"J'ai rendu service", "Je ne savais pas" ou encore " Je n'étais pas au courant"... Les accusés se sont tous dédouanés sur le seul prévenu absent : un homme de 43 ans, sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
"Les donneurs d'ordre sont sûrement en Afrique", a expliqué Eric Orliaguet, fils des victimes. 

Des peines exemplaires réclamées par le procureur de la République

Le procureur de la République a réclamé des peines exemplaires à l'encontre des principaux acteurs de l'escroquerie, allant de 4 à 7 ans d’emprisonnement et de 100.000 à 200.000 euros d’amende. 
La cour sera légèrement plus indulgente en condamnant Mamouda Ahidjo, Jacques Koupelle Essaka, Dex Ndebi et Saïd Nsangou, les quatre principaux protagonistes, à des peines allant de 3 à 6 ans de prison ferme et à des amandes allant de 20.000 à 100.000€.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers