Municipales 2020 : pour Benoît Digeon, en tête à Montargis, "personne ne peut être fier de ce qu'il se passe ce soir"

Dans un contexte de très faible participation, attribué à l'épidémie de Coronavirus, le maire sortant Benoît Digeon part favori pour le second tour. 
Benoît Digeon invité de Rébecca Benbourek dans le 19/20 de France 3 Centre Val de Loire
Benoît Digeon invité de Rébecca Benbourek dans le 19/20 de France 3 Centre Val de Loire
"On est excessivement surpris par ce taux de participation. Tomber à 37%, c'est du jamais vu, il reste beaucoup de personnes de tous bords qui sont absentes du scrutin. Il ne représente pas la réalité locale, ce n'est pas normal. C'est un tour de dupe, on ne peut pas estimer que ça représente quelque chose. [...] Là, on joue avec la démocratie, personne ne peut être fier de ce qu'il se passe ce soir.

A l'issue d'une journée d'élections particulièrement perturbée, difficile pour Benoît Digeon de savourer cette première victoire.Avec 36.23% des suffrages, le maire sortant de Montargis, qui conduisait la liste d'Union de la droite, ressort en tête.
 

L'abstention star du débat


Son principal challenger pour le second tour sera le communiste Bruno Nottin, qui conduisait la liste "Montargis pour tou-te-s", et qui a récolté 22.64% des suffrages. "Le premier élément, c'est de remarquer une très forte abstention dans ce contexte terrible" a réagi Bruno Nottin. Il estime que sa liste en est "la première victime puisque nous faisons nos meilleurs résultats dans les quartiers populaires, qui sont de très loin ceux qui ont le moins voté."

Sans doute est-ce la très faible participation (35.92%), mais les habitants de Montargis devront encore trancher entre quatre candidats lors du second tour. Aux deux premiers arrivés s'ajoutent le candidat Sans Etiquette Edouard Weber, 1er nom d'une liste citoyenne et le candidat Divers Centre Manuel Ribeiro.

"Nous sommes absolument ravis de notre résultat, qui marque une vraie progression par rapport à 2014, a salué Edouard Weber, tête de la liste "Citoyens du Montargois". Tous les colistiers se sont beaucoup donné, on a vraiment abattu un travail de grande qualité. On remercie tous les montargois et montargoises qui ont voté pour nous. C'est grâce à eux qu'on peut envisager un éventuel changement au second tour, en mettant en avant une démarche différente, démocratique, citoyenne."

Il s'est également exprimé à propos du taux de participation, qu'il juge "catastrophique". "Ça pose de vraies questions de légitimité pour le futur maire, et ça ne correspondait pas non plus à nos attentes."
 

Des alliances encore incertaines


En tant que premier challenger de Benoît Digeon, le responsable communiste a exprimé son souhait de mobiliser l'opposition. "Nous en appelons dès ce soir au rassemblement", visant notamment le candidat arrivé en troisième position. 

Edouard Weber a rejeté "pour le moment" l'idée d'une alliance pour le second tour, préférant fêter le score de ce soir avec les militants. Bruno Nottin l'a appelé, via le micro de France 3 à "prendre ses responsabilités, être capable de discuter et aller au fond des choses", estimant que refuser de négocier reviendrait à "faire le jeu" du maire sortant.
 

L'ancien maire salue la possibilité d'une "continuité"


Le duel entre la droite LR et le parti communiste est moins surprenant qu'il n'y paraît : Montargis était déjà une ville polarisée aux élections municipales de 2014, avec l'UMP en première position avec son candidat Jean-Pierre Door, et le candidat Front de Gauche, Jacques Reboul. La droite avait cependant réussi à passer dès le premier tour, ce qui ne sera pas le cas cette fois-ci.  

"Compte-tenu des circonstances très particulières de cette élection, compte-tenu de cette crise sanitaire nationale, sur le plan du résultat, je vois d'abord un fort taux d'abstention. Malgré cela, le candidat que je soutenais est largement en tête, l'écart est creusé dès le premier tour. Il y a donc une certaine satisfaction, de savoir qu'il peut y avoir cette continuité" a réagi Jean-Pierre Door, ancien maire de Montargis qui avait renoncé à son siège en avril 2019 pour devenir député. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections municipales 2020 politique élections