Affaire Depardieu : "c'est un MeToo à la française" pour la comédienne Laure Calamy

Invitée sur France Inter ce 2 janvier, la comédienne orléanaise Laure Calamy a salué "le courage" des femmes qui ont osé porté plainte contre Gérard Depardieu.

L'année 2024 s'ouvre-t-elle sur la fin de l'omerta dans le monde du spectacle ? Après la publication d'une tribune de 50 personnalités pour "ne pas effacer" Gérard Depardieu, la comédienne Laure Calamy a salué au micro de France Inter ce 2 janvier le "courage" des femmes qui ont osé porté plainte.

Contre-tribune et rétropédalages

Accusé d'agressions sexuelles et de viols et tenant des propos constamment outrancier à l'égard de femmes et d'une petite fille dans des vidéos révélées par Complément d'enquête le 7 décembre, Gérard Depardieu est peu à peu lâché par les signataires de cette tribune, comme Jacques Weber ou Nadine Trintignant.

Un rétropédalage qui doit à la fois aux vives critiques que cette tribune a occasionné, mais aussi à la personnalité de son principal auteur, polémiste dans une revue d'extrême-droite et militant en faveur de la réhabilitation de l'écrivain Gabriel Matzneff, visé par une enquête pour viols sur mineur de moins de 15 ans.

À l'inverse, une contre-tribune publiée sur Mediapart et initiée par 60 artistes, dont l'orléanaise Laure Calamy, a atteint les 8000 signatures en 48 heures. "C'est un MeToo à la française qui est en train de se passer", estime l'actrice.

"Le public a besoin de vérité"

"Quand on voit la difficulté que c'est de porter plainte, surtout face à un homme puissant", explique la comédienne, "c'est important de faire corps et de soutenir cette prise de parole, ce courage".

À l'inverse, les déclarations du président de la République sur France 5, qui a pris la défense de l'acteur au nom du "rayonnement" de la France, "sont un camouflet face au courage qu'ont ces femmes de porter plainte, de surmonter la peur, la honte qu'on éprouve quand on est victime de viol", a estimé la comédienne.

Loin de remettre en cause la présomption d'innocence dont bénéficie toujours Gérard Depardieu, mis en examen pour viol et agression sexuelle en 2020, cette contre-tribune exhorte à entendre la voix des victimes.

"Les femmes qui témoignent du mal qu’il leur a fait, la société qui ouvre enfin ses yeux et ses oreilles, le public qui a besoin de vérité, tout cela ne relève pas du lynchage d’un homme, mais d’une urgence de changement pour le bien de toutes et tous", affirment les signataires.

Ce n’est pas un crime de dénoncer ses agissements, la terrible faute est de faire ce qu’il a fait. Le déni creuse le sillon du mal et contribue à une société de l’impunité.

Tribune "Adresse au vieux monde"

Une autre tribune, selon laquelle "l'art n'est pas un totem d'impunité" a également été publiées dans Libération ce 1er janvier. Un nouveau signe que cette polémique a rapidement dépassé la figure d'un seul homme pour devenir un véritable débat de société.