Avec le Média Positif, deux étudiants diffusent quotidiennement des bonnes nouvelles sur les réseaux sociaux

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Depuis un an, le Média Positif relaie sur les réseaux sociaux des bonnes nouvelles venues d'un peu partout dans le monde. Aujourd'hui suivis par plus de 250 000 personnes sur Twitter, les deux étudiants derrière ce compte ne s'attendaient pas à un tel succès.

N'avez-vous jamais trouvé l'actualité trop "démoralisante" ? C'est en tout cas le constat de deux étudiants de Sciences Po Paris, Hugues de Rosny, orléanais, et Emma Rouvet, auvergnate, en septembre 2020. "Sur les réseaux sociaux, c'était très anxiogène. Les chiffres du covid repartaient à la hausse (nous sommes alors à un mois du second confinement, ndlr), les mauvaises nouvelles s'accumulaient mais il y avait de superbes choses qui s'organisaient et on s'est dit que ça serait cool de les mettre en avant" explique la jeune femme.

Mais, entre les cours à distance et les confinements qu'ils passent chez leur famille respective, difficile de trouver du temps à consacrer à cette idée. C'est finalement en janvier 2021 que naîtra le compte Twitter Le Média Positif, "l'endroit où on racontera de belles histoires". Nous avons même retrouvé la première d'entre elles : un hôtel messin mettant des chambres à la disposition des sans-abris. Le compte ne faisait alors que relayer l'article.

Du simple relais de belles histoires...

Aujourd'hui, le compte Twitter compte plus de 250 000 abonnés. Parmi eux, l'animateur Denis Brogniart, l'actrice Leïla Bekhti ou encore l'un des présentateurs phares du journal de France 2, Laurent Delahousse. "On pensait vraiment qu'il y aurait que nos amis, nos familles et nos camarades étudiants" confie Emma qui aimerait embrasser la carrière de journaliste. Hugues ajoute :  "on sait que la vie n'est pas rose, mais on se dit que derrière chaque problème, il y a une solution et on voit que ça intéresse les gens".

Pour les deux étudiants, il a donc fallu mettre les bouchées doubles pour apporter à ce grand nombre de followers son shoot quotidien de bonheur. Loin des classiques catégories "environnement" ou "santé", ils classent leurs publications en trois groupes : "les héros du quotidien", "les bonnes nouvelles" et "les belles histoires".  "Tous les matins, pendant deux heures, on épluche la presse régionale, nationale, internationale, on regarde ce qui se fait sur les différents réseaux sociaux ou tout simplement, on lit les récits des internautes"

Les nouvelles les plus marquantes sont par la suite publiées sur Twitter mais aussi sur leur site Internet (sur lequel il est possible de s'inscrire à leur newsletter),  Instagram, FacebookLinkedIn et TikTok. Tous les publics (ou presque) ont donc droit à leur petit moment de sourire. "Aujourd'hui on poste entre neuf et dix fois par jour" se félicite Hugues.

@lemediapositif

De surprenantes images captées par cette petite caméra disposée dans une mangeoire pour oiseaux

♬ Home - Edith Whiskers

...à la création de bonnes nouvelles

Un an après la publication de leur première histoire, je leur ai posé la question de celle qui les a le plus marquée. Toutes deux ont un point commun : les relayer sur les réseaux sociaux avec des liens vers des cagnottes ou des pétitions a contribué à faire bouger les choses.

Emma se remémore l'histoire de Fabrice, un ancien SDF qui, le 2 décembre dernier, avait sauvé un commerçant de 71 ans des flammes d'un incendie à Lyon. "J'ai trouvé cette histoire incroyable et il se trouve qu'elle est arrivée jusqu'aux oreilles du préfet du Rhône qui a cherché à en savoir plus. C'est pas que grâce à nous, c'est surtout les réseaux". C'est comme cela qu'après 10 ans dans la rue, l'homme a reçu la médaille de la ville et a pu être logé. "Ce qu'il y a de plus fou, c'est qu'on a eu des retours directs car on échangeait avec son assistant social. Fabrice nous avait fait une petite vidéo pour nous remercier et fréquemment il nous donne des nouvelles". Vidéo qu'ils n'ont évidemment pas manquée de poster. 

Quant au jeune orléanais, il raconte l'histoire qui émeut la France entière depuis le 16 janvier : celle de Joseph, 3 ans, atteint d'un cancer de la moelle osseuse depuis 2 ans et qui a besoin urgemment d'un donneur compatible. "On a enregistré 1,5 million de vues sous cette publication. On voit qu'il y de formidables mouvements sur les réseaux sociaux. On veut être à la base de ces chaines de solidarité et impulser des mouvements d'aide". La photo du petit garçon a tellement été relayée que sa mère confiait sur Franceinfo que "la réponse est là, les donateurs se mobilisent". 

Prochaine étape : reportages et journaux sur YouTube

Parce qu'ils ne veulent plus se contenter de relayer des informations, les deux étudiants ont pour projet de tourner leurs propres reportages, toujours positifs. Et pour cela, Hugues ne manque pas d'idées : "Par le biais du sport, y'a plein de parcours extrêmement inspirants. Avant les prochains Jeux Olympiques, on aimerait faire des portraits de sportifs handicapés pour essayer de mettre en lumière leur parcours". Pour Emma, "ça sera vraiment l'aboutissement de notre projet. Ça fait un an qu'on parle des héros du quotidien mais c'est frustrant de ne pas discuter avec eux de ce qu'ils font et de le mettre en images. On pourra explorer de nouveaux univers, et aller rencontrer Fabrice sera un de nos premiers rêves".

Pour l'heure, leur travail se focalise particulièrement sur leurs JT, qu'ils ont lancé ce dimanche 23 janvier. Emma en est la présentatrice et revient sur les bonnes nouvelles des sept derniers jours. Un rendez-vous hebdomadaire mis en ligne à 18h, histoire de commencer la semaine du bon pied.

En septembre dernier, à l'occasion des Assises du Journalisme de Tours, sortait le baromètre ViaVoice. Il révélait alors que l'information proposée par les médias était perçue comme "anxiogène" pour 45% des personnes interrogées, "excessive" (45%) et "catastrophique" (33%). Toujours selon cette étude, 60% des personnes consultées pensaient que le Covid-19 occupait une place "trop importante" dans l'actualité. Des arguments supplémentaires qui prouvent que "Le Média Positif" a donc toute sa place dans le paysage médiatique.