Coronavirus : les "makers" du Centre-Val de Loire fabriquent des visières pour pallier la pénurie de masques

Depuis une dizaine de jours, des groupes de "makers", des utilisateurs d'imprimantes 3D, se créent partout en France pour fabriquer des visières pouvant servir de barrière au Covid-19. En Centre-Val de Loire, ils sont déjà plus d'une vingtaine à en produire gratuitement.

Cabinet infirmier Saint-Jean-le-Blanc (Loiret)
Cabinet infirmier Saint-Jean-le-Blanc (Loiret) © FTV

L'histoire est très récente,

À peine une quinzaine de jours et elle débute à Brunoy, dans l'Essonne, où un passionné de travaux sur imprimante 3D, Anthony, décide de fabriquer un substitut aux masques, dont la pénurie frappe toute la France.

En quelques jours l'initiateur du mouvement reçoit le soutien d'amis et de convaincus, alertés par le biais des réseaux sociaux. Un premier groupe Facebook est constitué, sa notoriété grandit en quelques dizaines d'heures et provoque la création de groupes régionaux rassemblant aujourdhui 1500 makers.

Il y a une semaine, c'est celui du Centre-Val de Loire qui a vu le jour à Orléans. Il est désormais coordonné par Pierre-François, l'administrateur du groupe "Makers du Centre contre le Covid" :

J'imprime en 3D depuis trois ou quatre ans et je passe une partie de mes loisirs sur les forums de fabrication. J'y ai vu l'inititiative d'Antony, à Paris, il y a dix jours et j'ai jugé que cela avait un intérêt pour beaucoup de gens en recherche de protections. (..)

On a mis en place un lien de communication numérique et certains, dont moi, se sont proposés à coordonner l'action des makers autour de nous. (..) On est organisé pour gérer les approvisionnements de matières premières, qui sont pour l'instant à la charge des makers car on veut que tout soit gratuit, mais une cagnotte en ligne a été lancée pour permettre de monter en puissance et offrir le plus de visières possible.

Le quotidien de ce réalisateur de profession a radicalement changé depuis une semaine. Désormais, il passe ses journées au téléphone pour prendre contact avec les possesseurs d'imprimantes 3D séduits par le projet, qu'ils se trouvent dans l'Orléanais, en Loir-et-Cher ou dans le sud de la Touraine.

Car il faut de plus en plus de main d'oeuvre pour répondre aux demandes qui parviennent à ce groupe régional.

Des demandeurs extrêmement divers

Des soignants bien sûr, des cliniques orléanaises, l'hôpital de Chateaudun (Eure-et-Loir), des cabinets infirmiers, mais aussi des dentistes. Le Conseil de l'ordre des dentistes du Centre-Val de Loire a même pris contact pour un besoin de 500 visières !

Et puis tous ceux qui déplorent un manque de masques et sont en contact avec du public, qu'ils soient dans la logistique ou la grande distribution, comme ce "drive" d'une enseigne nationale implantée à Olivet (Loiret).

Bien entendu les "makers" n'ont pas pour ambition de remplacer le matériel homologué pour les centres Covid-19, mais d'offrir une barrière supplémentaire au virus pour aider à en ralentir la progression.

Enfin, pour éviter de rajouter du risque dans le chaos ambiant, ce sont les demandeurs qui viennent récupérer leurs visières auprès du "maker" le plus proche. 

Une visière pour moins d'1,50 euros

Le coût de fabrication de la visière est minime, "un euro et quelque" selon Pierre-François, pour qui cette question n'est pas majeure. Chaque "maker" a accepté de faire un petit effort financier, en commencant avec son propre matériel et ce jusqu'à ce que la cagnotte nationale mise en ligne permette de fournir une aide à l'ensemble des groupes régionaux.

La visière ne demande que quelques grammes de PLA (acide polylactique), le filament de polyester créé à base d'amidon ou de glucose, deux élastiques et une simple feuille de PVC. Toutes les imprimantes 3D peuvent être utilisées, même les moins performantes dont le coût d'achat n'excède pas les 150 euros.

Tous les ingrédients d'une chaîne nationale efficace et économiquement viable sont donc réunis pour venir en aide à tous les professionnels et citoyens ayant besoin d'une alternative aux masques commandés... mais toujours pas livrés de façon massive.

 
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