Cyclistes en danger : une cohabitation difficile sur les routes départementales

Les cyclistes sont vulnérables en agglomération mais quelle est la situation sur les routes départementales ? France 3 Centre-Val de Loire a interrogé quelques utilisateurs sur un partage de la route encore loin d'être parfait.

Dépassements dangereux, impatience des automobilistes, routes peu larges, hors agglomération, les cyclistes sont exposés à d'autres dangers qu'en ville. Le nombre d'accidents et de décès a d'ailleurs explosé depuis 2019.

"Je suis presque plus à l'aise de nuit que le jour"

De fait, selon les cyclistes sportifs ou amateurs interrogés par France 3, partager la route avec les automobilistes peut s'avérer dangereux, même et surtout sur les petites routes départementales.

En premier lieu, ils déplorent le comportement d'automobilistes qui prennent des risques et ne tiennent pas vraiment compte du danger. "Quand c'est limité à 70km/h, les gens arrivent vite et se sentent seuls. Je suis presque plus à l'aise de nuit quand je suis bien éclairé et visible de loin que le jour", regrette Matthieu, 49 ans et cycliste amateur dans le Loiret.

Faut-il blâmer des voies cyclables rurales trop peu nombreuses ou mal aménagées, comme le déplorent déjà les cyclistes dans les grandes villes ? La question est légitime : s'il faut en croire le site Open Cycle map, qui recense les voies aménagées pour les vélos. La France semble largement sous-équipée, en comparaison de nos voisins européens comme la Belgique ou l'Allemagne.

Néanmoins, pour Matthieu, le problème n'est pas forcément l'aménagement des routes mais plutôt le comportement des automobilistes : "On ne peut pas créer un aménagement pour les vélos sur toutes les routes départementales, ça ne me semble pas rationnel. C'est plus une question de savoir-vivre des conducteurs."

Une cohabitation à améliorer

Un constat partagé par Philippe, cycliste de 74 ans habitué aux longues distances. "Quand je prends des départementales, je prends large. Plus je me serre sur le côté, plus les voitures le font aussi. Si t'es bien garé sur le coté, l'automobiliste se dit qu'il a largement la place de passer alors qu'en vélo on a vite fait de faire un écart pour éviter un trou par exemple."

Habitué à rouler en groupe de plusieurs cyclistes, il avoue aussi que les cyclistes ne font pas toujours ce qu'il faut : "ce n'est pas terrible, on fait des erreurs."

"On a l'impression que les automobilistes ne se rendent pas compte qu'eux sont protégés par leur carrosserie mais que nous en vélo, rien ne nous protège", observe Nathalie Lombard, chargée de missions au Comité Départemental de Cyclisme du Loiret.

En 2022, 2 600 cyclistes ont été gravement blessés sur le territoire national, en hausse de 13% par rapport à 2019. Pire, 243 cyclistes sont décédés en France en 2022, une augmentation de 30% par rapport à 2019. 

Des chiffres d'accidents en hausse qui posent des questions sur la sécurité des cyclistes en ville mais aussi en zones rurales.

L'enjeu de la sensibilisation

Nathalie Lombard souligne aussi le manque d'information des automobilistes sur les droits des cyclistes. "Quand on est en groupe, on a le droit de rouler à deux de front et on se fait encore réprimander par des conducteurs car on est à deux de front", assure t-elle. 

La cohabitation reste évidemment perfectible et son amélioration passe, selon le comité départemental, par davantage de sensibilisation. "Il faudrait peut-être faire davantage de sensibilisation du partage de la route aux automobilistes et cyclistes", selon Nathalie Lombard. Des cyclistes pas exempts de tout reproches non plus où "compétiteurs ou non ne respectent pas toujours les feux ou les lignes de stop". 

Le Comité Départemental de Cyclisme du Loiret s'emploie justement à sensibiliser le jeune public dans les écoles et collèges depuis 2018. Avec "des retours très positifs" selon Nathalie Lombard dans des écoles à la Ferté-Saint-Aubin ou Malesherbes par exemple.

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