Données: Orléans veut suivre les itinéraires des piétons dans la ville avec 16 capteurs de comptage

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN
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La ville estime entre 8 et 9 millions, le nombre de ses visiteurs chaque année. Mais comment ceux-ci se déplacent-ils dans les rues ? Orléans prévoit la mise en place de capteurs de comptage de flux pour mieux suivre le parcours des passants.

Par Cathy Dogon

Combien de personnes se rassemblent pour cette manifestation ? La ville d'Orléans est-elle attractive pour les touristes ? Les événements culturels ont-ils du succès ? 

Ces questions ont un point commun : le comptage du flux piéton dans les rues. La question a plusieurs enjeux, notamment mettre fin à la guerre des chiffres entre la police et les syndicats pour les défilés revendicatifs. Mais aussi pour des enjeux économiques, comme mesurer l'attractivité du centre-ville. 

Après Nantes ou Le Mans, Orléans a décidé de se saisir de ces questions. La ville va munir ses rues les plus passantes d'un dispositif de comptage du flux piéton. 16 capteurs seront répartis dans le centre-ville : au Nord et au Sud de la rue Royale, à l'Est et à l'Ouest de la rue Jeanne d'Arc, dans la rue des Halles et la rue Louis Roguet.

Deux ou trois capteurs sont destinés à être mobiles, pour s'adapter en fonction des événements. Le dispositif est évalué à 60 000 euros.

Annoncée en décembre, à l'occasion du marché de Noël, la mesure suit son cours : elle est actuellement soumise à un marché public au nom de "Fourniture et installation de solutions de mesure de flux piétons et d'un système de recueil et d'exploitation des données". Plusieurs sociétés ont d'ores et déjà répondu. Prochaine étape, l'analyse des propositions commerciales, à partir du 30 avril. La ville souhaiterait installer le dispositif d'ici septembre/octobre 2018.

Comment fonctionnent ces capteurs ? 

Les capteurs de comptage peuvent prendre la forme de "poteau". Ils repèrent le passage de 1 à 30 m et sont souvent situer sur les trottoirs. Sinon, ces détecteurs ressemblent parfois à des boîtes qui s'accrochent sur du mobilier urbain déjà existant. Cette solution a été choisie par les villes de Dublin en Irlande et de Nantes. Ceux-ci sont sensibles à la chaleur et comptent les piétons mais aussi tout autre usager en mobilité, comme les cyclistes par exemple.

© Pyro-Box / Eco-compteur
© Pyro-Box / Eco-compteur

Du côté du Canada, la ville de Victoria a choisi des caméras. Elles sont destinées à des analyses sur le plus long terme et pour de plus fortes affluences. Utilisant elles aussi des technologies thermiques, ces appareils ne procèderaient pas à des reconnaissances faciales, et ne poseraient pas de problèmes liés à l'atteinte de la vie privée. 

Joint par téléphone, François Foussier, adjoint au maire en charge du commerce, a dit ne pas avoir encore tranché. Il portera son attention sur la structure des bâtiments pour la fixation des capteurs, mais aussi sur la protection des données privées.

Orléans, bientôt une ville intell​igente ?


8 à 9 millions de visiteurs par an, c'est l'estimation faite par la ville, grâce à un compteur déjà installé à la porte du centre commercial place d'Arc.

Au micro de France Bleu Orléans, François Foussier, adjoint au maire en charge du commerce, a déclaré vouloir désormais suivre le "cheminement des piétons". Orléans ne serait pas concernée par la vacance de ses commerces (7% seulement contre 11 à 12% pour les villes de taille semblable selon PROCOS). Il s'agirait de "prévention" pour inciter et inviter les commerçants à rester.

Je pourrais vérifier les ressentis des commerçants quant à la fréquentation de leur boutique"


continuait François Foussier.

Si c'est la section "commerce" de la mairie qui s'intéresse à ces chiffres, ce sont pour des raisons (d'attractivités) économiques, "mais pas que", nous fait savoir la communication de la ville.

Analyser le parcours des citadins, c'est tout l'enjeu de recherches scientifiques actuellement sur la "ville intelligente". Ces données peuvent servir à mieux aménager l'espace urbain, à déceler les lieux contournés par les passants et en comprendre les raisons : l'insécurité, un mauvais agencement, ou un lieu d'intérêt mal estimé. 

Cette décision pose plus largement les questions de production de données numériques par les villes et institutions publiques, et leur partage, ou non, à l'ensemble de la communauté. Celles-ci ne seraient dans un premier temps, selon l'adjoint au maire en charge des commerce, pas en libre accès. "Il faut d'abord que l'on maîtrise le logiciel, puis que l'on construise des données pour établir des comparaisons", a expliqué François Foussier. Dans un seconds temps, ces chiffres pourraient être partagées à la police, aux journalistes, ou autres, s'ils en font la demande. 

Orléans ne travaille pas encore avec des data-scientists, ce nouveau métier qui consiste à analyser les données produites par les habitants, ou par la ville elle-même. Des recrutements vont cependant dans ce sens.


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