Espace : le CNRS d'Orléans en première ligne pour explorer Mars en 2020

La mission ExoMars devrait atteindre sa destination en mars 2021. / © ESA
La mission ExoMars devrait atteindre sa destination en mars 2021. / © ESA

Une mission d'explorationn vers Mars va mettre à contribution le laboratoire du CNRS basé à Orléans. Les scientifiques orléanais seront en charge de l'un des 9 instruments du véhicule robotisé qui partira à l'été 2020 vers la planète rouge.

Par Bertrand Mallen

Une forme de vie a-t-elle existé un jour sur Mars ? Pour le savoir, et en apprendre davantage sur notre propre passé et celui du système solaire, une mission russo-européenne baptisée ExoMars doit être lancée en juillet 2020 par une fusée russe Proton. Au printemps 2021, elle déposera sur notre voisine rouge une plateforme russe et le robot européen Rosalind Franklin, nommé d'après une pionnière de l'ADN.

La mission de Rosalind Franklin est simple : bardé d'instruments européens, le véhicule devra explorer le sol et sous-sol martien. La foreuse dont est équipé le robot va prélever des échantillons jusqu'à deux mètres de profondeur afin de les analyser. C'est le CNRS, et plus particulièrement le laboratoire d'Orléans, qui est responsable de la caméra microscope chargée de photographier ces carottes.

Retrouvez le reportage de France 3 Centre-Val de Loire, par P. Bouchenot, Y. Le Bloa, A. Grandveau :

 

Une caméra haute précision pour étudier le sol


"Seul notre instrument va pouvoir faire une image à haute résolution de la carotte puisqu'ensuite elle est broyée pour faire des analyses", explique Frédéric Foucher, physicien au CNRS. "Il y a toute une partie de l'information qui est perdue lors de cette phase de broyage. Les images de cette caméra sont donc cruciales pour faire l'interprétation géologique des échantillons."

Et cette interprétation pourrait avoir une très grande portée scientifique. La zone que Rosalind Franklin va explorer se situe au fond d'un probable océan datant de la "jeunesse" de Mars : l'un des endroits les plus propices pour trouver la trace d'une vie remontant à plusieurs milliards d'années.
 

Pas seuls sur Mars ?


André Brack est l'un des pionniers de cette exploration martienne. Dans les années 90, il fonde à Orléans la première équipe européenne consacrée à l'exobiologie, la recherche de vie au-delà de la Terre.  "Nous savons déjà que Mars a abrité de l'eau dans sa jeunesse, qui est l'une des conditions pour que la vie puisse apparaître.", relève le scientifique.

N'ayant probablement pas dépassé le stade microscopique, cette vie, si elle est découverte, pourrait vérifier les hypothèses les plus étonnantes : "si on trouve de la vie sur Mars, et si elle est vraiment très semblable à la vie terrestre, on pourrait dire avec une certaine probabilité qu'on descend tous de Mars !", lâche André Brack.
 

ExoMars 2020 en quelques chiffres

Pas de pause pipi !
La distance Terre-Mars est en moyenne de 225 millions de kilomètres. Entre le 25 juillet et le 13 août 2020, au moment du lancement, elle s'établira plutôt entre 80 et 100 millions de kilomètres. A la vitesse maximum autorisée de 80 kilomètres par heure sur une route nationale, il vous faudrait donc 114 ans pour la rejoindre en partant au même moment que la fusée.

Retour vers le futur
A l'arrivée de la plateforme russe sur Mars, le 19 mars 2021, la planète rouge sera à 246 millions de kilomètres. A cette distance, la lumière met environ 13 minutes et 40 secondes à nous parvenir. Si vous pouviez observer le véhicule à la surface de Mars depuis la Terre, vous le verriez donc près d'un quart d'heure dans le passé ! C'est d'ailleurs l'un des problème auquel sont confrontés les scientifiques lorsqu'il s'agit de téléguider une sonde spatiale.

Personne n'a un chargeur ?
Le robot européen Rosalind Franklin aura une autonomie minimale de 8 mois. D'une masse de 310 kilos, il emporte avec lui 9 instruments dédiés à l'étude du sol et du sous-sol. Pouvant forer jusqu’à 2 mètres de profondeur, ce véhicule recueillera des échantillons pour les analyser avec ses instruments. La plateforme russe, elle, prendra des mesures pendant un an martien, soit 687 jours terrestres.

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