Gel : l'inquiétude des agriculteurs avant le retour des températures glaciales en fin de semaine

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Écrit par Thomas Hermans avec Houari Ayadi

Après un épisode météo d'une extrême douceur en cette fin mars, le gel fait son retour en fin de semaine en Centre-Val de Loire. De quoi inquiéter les agriculteurs, déjà frappés par un épisode similaire et ravageur en 2021.

La France fait les montagnes russes météorologiques. Et c'est d'ailleurs de Russie et de Scandinavie que devrait arriver, d'ici à la fin de la semaine, une masse d'air froid dépressionnaire. Venant jeter un coup de climatiseur sur le pays après plusieurs jours d'une douceur estivale. 

À cause cette masse d'air venue directement du cercle polaire arctique, "les températures descendront facilement sous 0°C" sans couverture nuageuse, assure le site Météo Centre. Selon le blog, le risque de gel "sera présent dès vendredi mais il deviendra encore plus important ce week-end" des 2 et 3 avril. La neige pourrait même tomber sur la région, avec une probabilité importante sur l'Indre, la Beauce et la Sologne. 

Pour les agriculteurs de la région, de telles prévisions ramènent en mémoire l'épisode de gel de 2021 qui, à la même période, avait ravagé de nombreuses cultures, tuant les bourgeons en formation. Avaient notamment été touchées les parcelles de fruits à noyau, ainsi que les vignes berrichonnes.

Le (mauvais) temps des cerises

Agriculteur à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, près d'Orléans, Nicolas Gidoin dit n'avoir pu réaliser que 20% de sa récolte habituelle en cerises en 2021 à cause du gel tardif. Et encore, ce cinquième sauvé n'a survécu que grâce à des moyens de sauvegarde, sans quoi "j'aurais eu zéro récolte, c'est le cas de nombreux de mes collègues".

Pour contrer le gel, l'agriculteur a investi dans des chauffages d'appoint dans lesquels brûlent des recharges de bois compressé, disposés le long de ses cultures. Un investissement de 15 000 euros pour ne serait-ce qu'un seul hectare de cerisiers. "Une recharge pour 5 heures, ça coûte 5 euros 60, avec 300 chaudières à l'hectare, vous faites la multiplication."

Alors forcément, il espère "ne pas avoir trop de nuits [de gel] à répétition, parce qu'on multiplie les coûts à chaque fois". Et là où, en 2021, il avait mesuré jusqu'à -8°C sur ses parcelles, il compte sur "des températures pas aussi basses que l'année dernière", ce que semblent indiquer les dernières prévisions. Selon Nicolas Gidoin, les chauffages peuvent protéger les cerisiers "jusqu'à -5, -6 degrés", couplés à un système de bâches conservant l'air chaud... ou plutôt, l'air un peu moins froid.

Météo Centre, de son côté, souligne que de tels épisodes de gel début avril "n'ont rien d'inédit", avec des "changements de temps et [des] fluctuations des températures [...] fréquents et parfois brutaux". L'association note cependant que les hivers "souvent trop doux" de ces dernières années ont favorisé un réveil précoce de la végétation et des récoltes, les rendant plus vulnérables aux épisodes de gel printanier. La faute, bien-sûr, au réchauffement climatique.

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