Grève des routiers au nord d’Orléans : "C’est un coup de semonce pour les organisations patronales et le gouvernement"

Ce lundi 27 juin, les routiers bloquaient plusieurs points stratégiques en France dont le rond-point du pôle 45 au nord d’Orléans. A l’appel de plusieurs syndicats du transport, ils demandent une revalorisation salariale.

Le lieu est stratégique: un rondpoint qui irrigue le Pole 45, la plus grande zone logistique du nord d’Orléans. On y trouve entre autres le géant Amazon ou encore l’industriel John Deere. Au total, tenir un barrage filtrant sur ce site permet de ralentir la logistique de 250 entreprises. "C’est un coup de semonce pour les organisations patronales et le gouvernement, pour que les salariés des transports puissent être rémunérés correctement", explique Sandra Jaquemin, Secrétaire Générale CFDT-SRTC.

Aujourd’hui les salariés des transports sont étranglés par des rémunérations qui ne sont pas ce qu’elles devraient être.

Sandra Jaquemin- Secrétaire Générale CFDT-SRTC

Les routiers grévistes distribuent des tracts aux automobilistes, critiquant la "politique de l'autruche" en matière de salaire des "patrons du transport et du gouvernement", en dépit des "hausses successives dues à une inflation galopante et exponentielle, une forte pénurie de salariés et le pouvoir d'achat qui fond comme neige au soleil".

Des métiers qui n’attirent plus

Par ailleurs, ils dénoncent des conditions de travail pénibles, notamment pour les routiers nationaux et internationaux, mais peu de contrepartie à cette vie loin de la famille. Les entreprises avouent d’ailleurs avoir des difficultés à embaucher. Pour les chauffeurs, cela doit passer par la nécessité de redonner une attractivité au métier. "Vous avez des secteurs où il y a une tension sur l'emploi extrême, je pense notamment aux scolaires où il manque 8 à 10.000 conducteurs, les métiers de la marchandise où il y a 50.000 postes qui sont vacants", souligne Thierry Douine, président de la CFTC-Transports au micro de RMC.

Les syndicats demandent la réouverture immédiate des négociations salariales après celles d'octobre qui avaient débouché sur une revalorisation des grilles de 6%. "On s'est fixé septembre pour un mouvement significatif si on n'a pas d'écho favorable du gouvernement et du patronat", a prévenu Fabrice Michaud, secrétaire général de la CGT-Transports.

Un avant-gout avant la reprise du mouvement en septembre

Des barrages filtrants étaient organisés un peu partout en France ce lundi 27 juin à l'appel des syndicats de routiers. Ils ont occasionné des ralentissements dès l'aube à Orléans (Loiret), mais aussi à Miramas (Bouches-du-Rhône) ou encore Lunéville (Meurthe-et-Moselle), d'après la CGT. A Orléans, il a été levé en début d’après-midi.

Si les négociations salariales de septembre n’aboutissent pas à un accord, La France pourrait connaitre un blocage semblable à celui de 2017 contre la loi travail.