Grève des chauffeurs routiers : pourquoi le secteur du transport scolaire peine à recruter dans les Hauts-de-France ?

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Un appel à la grève intersyndicale a été lancé pour ce lundi 27 juin dans le secteur du transport routier, qui se mobilise pour demander des revalorisations salariales. Les transports scolaires sont également concernés. Les entreprises peinent à recruter.

400, c’est le nombre de postes de chauffeurs scolaires à combler dans les Hauts-de-France pour la rentrée de septembre.

Les entreprises de transport peinent à recruter. La pandémie de Covid-19 a eu un impact important sur les effectifs. Avec la crise sanitaire, beaucoup de conducteurs ont quitté le métier. Depuis, c’est la pénurie. La profession n’attire plus.

"C’est un métier avec des horaires particuliers, les conducteurs travaillent tôt le matin, et en début d’après-midi, en dehors de ça, à part certains pour le service de la cantine il n’y a pas de travail. Le pire, c’est pendant les vacances scolaires, le contrat est suspendu", explique Franck Chevallier, directeur de Voyage Taquet, implanté à Arras et à Amiens. Des contrats à mi-temps ou trois-quarts, et cela se ressent sur le salaire. Les conducteurs de cars scolaires à mi-temps gagnent entre 500 et 600€ par mois, lissés sur l’année.  

"Avant, on avait un bon vivier de chauffeurs de l’armée ou de la gendarmerie en retraite ou pré-retraite qui venaient chercher un complément de salaire, depuis que le service militaire n’est plus obligatoire, on a plus cette réserve", ajoute le chef d’entreprise.

D’autant plus que la réglementation a changé, il ne suffit plus d’avoir un permis D. "On est plus vigilants qu’avant, on ne met plus une personne de 70 ans qui n’a plus forcément toutes ces facultés visuelles au volant d’un car qui transporte des enfants", constate Franck Chevallier.

Difficile d'attirer les jeunes

Dans le métier, la moyenne d’âge dépasse les 50 ans, et il est de plus en plus difficile de trouver des jeunes pour remplacer les départs à la retraite.

Pour Franck Chevallier, sur les 160 salariés, entre 5 et 7% de postes sont à combler d'ici la rentrée. 

Pôle emploi, la région ou l’opérateur de compétences des métiers de l’automobile (OCMO) financent bien des formations, mais peu nombreux sont les candidats qui poursuivent dans le transport scolaire, une fois confrontés à la réalité du terrain. 

Dans la région Hauts-de-France, le transport scolaire concerne chaque jour près de 200 000 élèves de la maternelle au baccalauréat, qui bénéficient de la gratuité.