Orléans : le procureur Nicolas Bessone dresse le bilan du dispositif contre la délinquance créé il y a 6 mois

Nicolas Bessone, procureur de la République d'Orléans. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Nicolas Bessone, procureur de la République d'Orléans. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Cet hiver, le procureur d'Orléans, Nicolas Bessone, annonçait la création d'un Groupe Local de Traitement de la Délinquance à Orléans. Bilan, après six mois d'activité. “Nous allons tous dans le même sens”. 

Par Yacha Hajzler

"On a une volonté commune, et c’est rassurant de voir que, quand tout le monde va dans le même sens, avec la même volonté, on a des résultats." Autour de Nicolas Bessone, procureur de la République d'Orléans, que du beau monde. Jérôme Delage, directeur départemental adjoint de la sécurité publique, la sous-préfète Taline Aprikian et le maire-adjoint à la sécurité Olivier Geoffroy. 

Ils ont tenu une conférence commune, ce lundi 24 septembre, pour communiquer les premiers résultats du Groupe Local de Traitement de la Délinquance après six mois d'activité. Le GLTP s'est concentré non pas comme ses prédécesseurs sur un quartier mais sur une thématique : celle de la lutte contre le trafic de stupéfiants. 

"On est pas dans le monde de oui-oui, mais nous allons tous dans le même sens", entame Nicolas Bessone. A l'heure du bilan les acteurs sont confiants. Conscients qu'ils n'ont pas accompli des miracles mais satisfaits et presque même surpris de si bien collaborer. 
 

Dans les quartiers, le GLTD montre les muscles


Leurs efforts se sont concentrés sur trois quartiers où la problématique n'est pas nouvelle : les Carmes, la Source et l'Argonne. Pour ce dernier, le procureur admet une situation "plus compliquée" mais n'en dira pas plus pour le moment. 

Aux Carmes et à la Source, en revanche, le bilan chiffré se veut encourageant. Aux Carmes, "un quartier qui mérite de vivre paisiblement", deux grosses opérations ont été menées au printemps, avec notamment la fermeture du bar Le Score, qui apparaissait comme un siège du trafic. 

Déjà une cinquantaine d'opérations ont été menées, dont une trentaine dans ces deux quartiers. Côté trafiquants, 41 interpellations ont été menées. La police revendique aussi un travail de fond, avec des opérations d'occupation menées tous les 15 jours, y compris des détections avec des chiens policiers.

Mais le GLTD veut s'attaquer à toute la chaîne. Ainsi, aux Carmes, Jérôme Delage chiffre une hausse de l'interpellation des consommateurs à hauteur de 125%. "On a mis les gros moyens pour interpeller les consommateurs, pour que le quartier ne devienne pas un supermarché." 
 

Les caméras vous regardent


Olivier Geoffroy, le maire adjoint, a voulu souligner l'importance d'un outil encore polémique en matière de sécurité publique : les caméras de surveillance. Avec un investissement d'environ 150 000 euros par an, elles sont aujourd'hui un peu plus de 200 à surveiller les habitants d'Orléans, bien souvent maintenant en haute définition. 

"En 2011, nous avions reçu 66 réquisitions judiciaires qui nous demandaient ces images. En 2018, on en est déjà à 171. Je n'imagine pas un seul instant que cet outil serait inutile, au regard de ces chiffres-là. Il y a eu une opération encore samedi aux Carmes où nous avons utilisé cet outil et le résultat a été probant." 

Si certains riverains réclament l'installation d'un tel dispositif, le maire adjoint affirme qu'il n'en fait pas un automatisme. "Je préfère avoir une réponse d'attente de principe. Chaque installation est soumise à une étude de pertinence au regard des statistiques de la délinquance et des phénomènes qu'on observe. La caméra n’a jamais été pour moi la réponse à toutes les solutions." 

D'autant que la présence des caméras modifie bien sûr le comportement des trafiquants. "On sait très bien que quand on installe une caméra, il y a un effet de déport."

Ce déport se ferait-il vers des coins plus reculés, aux dépends de la sécurité des consommateurs ? "Evidemment qu’il y a des effets secondaires, qu’il faut contrecarrer, mais ce n’est pas une raison à mon sens pour ne rien faire, en tout cas pour ne pas utiliser tous les moyens qui sont à notre disposition", répond Olivier Geoffroy. 
 

Cartographie du stup'


Ces effets de déport ont attiré l'attention des acteurs sur l'importance de la gestion de l'espace. "Nous ne sommes pas naïfs au point de penser que c’est parce qu’on a fait quelques actions supplémentaires, tout va mieux. Mais cela fait bouger la géographie, déstabilise l’organisation, et met à mal ceux qui se sentent installés" explique le maire. 

"Le GLTD a fait remonter une cartographie, complète Nicolas Bessonne. Si ça se déplace des Carmes, cela peut aller ailleurs, hors des quartiers "traditionnels." Il y a des luttes de territoire : si un argonaute vient installer un banc de vente de cannabis à la Source sans avoir demandé la permission à personne, il va avoir des difficultés. Mais il y a aussi une réalité de mouvement. On s’est rendu compte qu’un quartier est actuellement assez impacté par le trafic de drogue, mais par des personnes qui ne sont pas originaires du quartier. Il n’y a pas de règle absolue."

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