L’Open de tennis d’Orléans percuté par le report de Roland Garros

Didier Gérard directeur de l'Open d'Orléans (Loiret) - mars 2018 / © France 3
Didier Gérard directeur de l'Open d'Orléans (Loiret) - mars 2018 / © France 3

Programmé du 28 septembre au 4 octobre, le 6e tournoi français avait un peu de temps devant lui avant de devoir s’adapter à la crise du coronavirus. Mais les Internationaux de France se dérouleront finalement aux mêmes dates.
 

Par France 3 Centre-Val de Loire

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le milieu du tennis. Mardi 17 mars, Roland Garros a annoncé son déplacement à l’automne du 21 septembre au 4 octobre.

La décision a été prise par la fédération française de tennis sans prévenir personne ni les joueurs et joueuses ni les organisateurs des autres tournois. Beaucoup de professionnels critiquent déjà ce choix unilatéral tels que Stan Wawrinka (ex-vainqueur du tournoi), les organisateurs de l’US Open qui se déroule quelques jours en avant, ou ceux de la Laver Cup (créée par Roger Federer) qui se joue aux mêmes dates. Face à ces poids lourds, Didier Gérard, le directeur de l’open d’Orléans, n’a pas eu voix au chapitre. Pourtant, il n’envisage pas pour l’instant de changer de date et essaiera de s’adapter.


Pensiez-vous ces derniers jours qu’un tel changement de calendrier était possible ?

L’ATP n’était au courant de rien et moi non plus. La décision a été prise en petit comité J’imaginais un report peut-être au mois d’août avant l’US Open mais en aucun cas, je ne pensais qu’ils joueraient fin septembre. J’avais oublié qu’à partir de cette année le tournoi est équipé d’un toit et de six courts couverts extérieurs. Ils ont dû faire des simulations de programmation. Mais il n’y aura pas de qualification organisée cette année. On peut aussi imaginer que le tableau final soit réduit. Qu’il y ait moins de matches de double. Que les matches aient lieu en 3 sets seulement…


Quelles conséquences pour l’Open d’Orléans ?

A cette heure, je n’envisage pas un changement de date pour nous. L’ATP m’a dit qu’ils nous soutiendront. Si les contraintes sont trop fortes, ils nous trouveront une nouvelle date fin 2020 car nous sommes l’un des plus gros tournois du monde dans la catégorie challenger. Mais après réflexion, comme nous jouons pendant la 2e semaine de Roland Garros, ça pourrait être un mal pour un bien. Peut-être que certains joueurs de haut niveau qui seront éliminés rapidement à Roland Garros ne voudront pas rester longtemps sans jouer et m’appelleront pour participer au tournoi. Dans cette hypothèse, cette catastrophe pourrait nous être bénéfique. Je préfère rester optimiste. Je demanderai une dérogation pour pouvoir accueillir plus que deux joueurs du top 50 comme le prévoit actuellement le règlement.

En 2019 Jo-Wilfired Tsonga était présent à l'Open d'Orléans, nos équipes l'avaient rencontré :

Les partenaires du tournoi sont prêts à vous suivre ?

Je viens de recevoir beaucoup de mails de nos partenaires historiques qui me confirment qu’ils seront là quoiqu’il arrive. Le risque est que certains mettent la clef sous la porte à cause de la crise. Même si le tableau est moins attractif que d’habitude, ils seront avec moi. Au moment où la crise est arrivée, il me restait encore 15 à 20% de budget à trouver pour cette année. Il est habituellement supérieur à un million d’euros et nous distribuons 160 000 euros de prix aux joueurs de simple et de double. Nous redistribuons aussi à des sous-traitants qui ont besoin de nous.


Le tennis professionnel est un monde qui n’est pas géré par une seule fédération. Il y a l’ATP pour les tournois professionnels des joueurs, la WTA pour les joueuses. Et la fédération internationale qui chapeaute la coupe Davis et les tournois du Grand Chelem, craignez-vous une explosion du calendrier international ?

Comme l’a dit le président Macron, c’est la guerre. La fédération française de tennis vient d’envoyer une bombe atomique. Parce qu’il faut absolument que le tournoi se fasse. En plus de ça le chantier de rénovation du stade est à l’arrêt parce que Vinci vient de l’arrêter, donc ils n’ont pas le choix. Les grands joueurs n’ont pas encore réagi. Mais comme toujours, c’est l’argent qui décidera et ceux qui mettront le plus d’argent sur la table l’emporteront.
 

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