Orléans : l’AGGLOR, la monnaie créatrice de lien social

L’Agglor est une monnaie d’échange initiée par le collectif Ville en transition d’Orléans. Son principe repose sur l’échange, le don et la construction de lien social. Découverte de cette pratique dans notre série Suivez l'idée !
Utilisation d'un Agglor dans une boulangerie d'Orléans
Utilisation d'un Agglor dans une boulangerie d'Orléans © France Télévisions
« Nathalie est venue me voir et m’a convaincu de mettre en place l’Agglor dans ma boulangerie, raconte Jérémy Christeaut, boulanger de la rue du Faubourg de Bourgogne. Au début, je pensais que ce serait pour les plus défavorisés. Mais en fait, j’ai vite compris que ça s’adressait à tous et j’ai adhéré au principe. »

Nathalie Peauget, du collectif Orléans en transition, nous explique le concept :
 

Chaque jour, ce sont environ une vingtaine de viennoiseries que Jérémy Christeaut dépose sur un plateau avec un écriteau « Panier pour Agglor ». Il s’agit des invendus de la veille que n’importe qui peut venir échanger contre un Agglor. Ce système permet « de réduire le gaspillage. C’était important pour moi de valoriser mon travail. Que tout ça ne finisse pas à la poubelle », souligne-t-il en montrant les croissants, les pains au chocolat et autres viennoises qui embaument dans toute la boulangerie.

Avec l’Agglor, des gens peuvent se permettre une viennoiserie. Il faut se rappeler qu’en France, il y a encore des gens qui meurent de faim, déplore le commerçant.

 


L’Agglor est surtout utilisé par un cercle d’habitués comptant une vingtaine de personnes. Pour Jérémy Christeaut, le but de construire du lien social a été atteint : « On a été obligé de pas mal discuter pour faire comprendre le principe de l’Agglor, surtout au début. Alors après, il y en a qui n’ont toujours pas compris le principe ou que ça n’intéresse pas, mais ça fait partie du jeu et au moins, nous avons eu un échange autre que « bonjour, merci, au revoir ». 

Avec tous les Agglors récupérés, le boulanger pourra à nouveau échanger cette monnaie originale avec des commerçants pratiquant également ce système. Mais Jérémy Christeaut préfère garder pour lui ces petits billets dessinés à la main : « J’en ai une petite collection, mais je la garde… C’est mon petit trésor », souffle-t-il dans un sourire canaille.
 
 
Le saviez-vous ?
Le mouvement Ville en transition est né à Totnes (Grande-Bretagne), en 2006. Il y a aujourd’hui plus de 2 000 initiatives menées par ce réseau à travers le monde, dont 150 en France.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie