Orléans : la polémique continue d'enfler au conseil de la Métropole, deux recours déposés en faveur de Bruno Coeur

Depuis l'élection communautaire du 16 juillet, le ton s'est durci entre les alliés de Bruno Coeur, élu 15e vice-président et démissionnaire, et ceux de Serge Grouard et de son premier adjoint Florent Montillot, également en lice pour le poste.
Bruno Coeur lors du conseil métropolitain d'Orléans le jeudi 16 juillet
Bruno Coeur lors du conseil métropolitain d'Orléans le jeudi 16 juillet © Conseil métropolitain
Le feuilleton autour de l'élection communautaire orléanaise n'en finit plus de se dérouler. Au cours des épisodes précédents, le maire de Bou, Bruno Coeur, avait été élu 15e vice-président par 41 voix contre 32, avant de démissionner quelques minutes plus tard au terme d'une suspension de séance. Une seconde élection dans la foulée avait attribué la 15e vice-présidence au 1er adjoint d'Orléans, Florent Montillot.

Mais pour Bruno Coeur, maire sans étiquette d'une commune de 958 habitants, cette démission ne doit rien au hasard. L'édile a en effet a dénoncé des "pressions" subies de la part du maire d'Orléans Serge Grouard et du président de la Métropole élu avec son soutien, le socialiste Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle. Lui qui affirmait vouloir donner plus de place à sa "petite" commune a fini par laisser la sienne.
 

Sans discussion ni consensus avec les maires, il y a eu apparemment un accord entre Serge Grouard et Christophe Chaillou pour présenter Florent Montillot, le premier adjoint au maire d'Orléans. Nous avons été mis devant le fait accompli.

Bruno Coeur

En effet, selon un élu métropolitain, il lui aurait été reproché de ne pas respecter ses "engagements" vis-à-vis du choix des vice-présidents de la Métropole, décidé entre les 22 maires en amont de la séance. Selon ces soutiens, la démission du maire de Bou de sa vice-présidence ne serait pas valide, car non actée par la préfecture, et l'élection de Florent Montillot qui a suivi serait donc nulle.
 

Bruno Coeur, vice-président "légitime" pour l'opposition

Malgré sa démission et l'élection de Florent Montillot, les soutiens du maire de Bou continuent donc à le considérer comme le 15e vice-président légitime. Matthieu Schlesinger, maire d'Olivet (divers droite) élu avec l'appui de LREM, avait jugé sur les réseaux sociaux "illégal, antidémocratique et profondément choquant" le processus menant à la démission de Bruno Coeur. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités politiques et anciens candidats des municipales ont également critiqué le contexte de cette élection communautaire. A droite aussi, la séance a produit de l'émotion, avec la démission dès le lendemain du président départemental du parti LR, auquel appartient Serge Grouard.

 

Le parti de la France insoumise orléanais s'est lui aussi fendu d'un communiqué au soutien du maire de Bou, et deux recours auprès du tribunal administratif d'Orléans ont été déposés dans le but de faire invalider la démission de Bruno Coeur et l'élection de son adversaire : l'un par l'ancien avocat Patrick Communal, l'autre par le représentant MoDem du Loiret Jean-Pierre Delpuech. Le collectif "Orléans ensemble" mené par l'ancien candidat Philippe Rabier a de son côté appelé à la signature d'une pétition le 22 juillet en faveur du maire de Bou.

 

Une manoeuvre "parfaitement orchestrée" ?

"Les choses sont très claires" juge quant à lui Florent Montillot. S'appuyant sur deux circulaires ministérielles de 2014 et 2020 portant sur les élections à l'échelle communale et inter-communales, le 1er adjoint d'Orléans explique que malgré son caractère mouvementé, la séance du 16 juillet s'est déroulée dans les règles. "Lorsque la démission intervient lors de la séance, elle n'a pas à être actée par le préfet" et déclenche immédiatement une nouvelle élection, poursuit l'élu.

Selon les deux textes en question, "lorsqu’en cours de séance un conseiller municipal élu maire ou adjoint refuse d’accepter les fonctions auxquelles il vient d’être élu,il faut procéder à une nouvelle élection qui peut avoir lieu immédiatement" (p. 26 de la circulaire de 2020, et presqu'exactement la même mention sur celle de 2014, p. 41), et "la contestation de l’élection des membres du bureau d’un EPCI relève du contentieux électoral (CE, 19 décembre 2014, n°381839). Il est identique à celui de l’élection du maire et des adjoints".
 

Florent Montillot confirmé dans ses fonctions

Quant aux recours qui ont été déposés, "ils n'ont aucune valeur suspensive" poursuit le premier adjoint d'Orléans, qui déplore une manoeuvre "parfaitement orchestrée" et attend "avec patience et sérénité" la décision du juge administratif. Se basant sur le procès verbal du conseil métropolitain, l'exécutif a de son côté confirmé Florent Montillot à la 15e vice-présidence lors d'une réunion ce jeudi 23 juillet. Bruno Coeur a quant à lui été nommé conseiller délégué chargé du développement durable et de la préservation de la biodiversité, un thème pour lequel il avait exprimé son intérêt en se portant candidat.

Quel qu'en soit le dénouement, l'incident a donc mis au jour deux clans désormais à couteaux tirés et fragilise Serge Grouard, déjà mis en cause dans l'affaire des 80 000 masques distribués dans l'entre-deux tours. Le président de la Métropole et maire de Saint-Jean-de-la Ruelle, Christophe Chaillou, a quant à lui choisi de s'exprimer en conférence de presse ce 24 juillet, en fin de matinée.
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