Trains de nuit : de nouvelles routes des vacances passeront par Orléans et Tours

Après le Paris-Nice, d'autres lignes de trains de nuit pourraient être remises en service, comme le Paris-Tarbes, qui passe par Orléans. De nouvelles liaisons nocturnes vers la Bretagne et l'Espagne via Orléans et Tours pourraient aussi voir le jour.

Le train de nuit Paris-Nice, qui a été relancé après trois ans d'arrêt, pourrait être le premier d'une longue série, a indiqué le gouvernement ce 21 mai. Le Premier ministre Jean Castex a inauguré cette première liaison, en arrivant à Nice vendredi matin à bord de ce train de nuit. "Quand j'étais jeune, j'étais un habitué des trains couchette...", a-t-il lancé en descendant sur le quai. "Là, ma nuit n'a pas été assez complète."

La remise en service de cette ligne est l'occasion pour le Premier ministre de mettre en avant les 6,4 milliards d'euros investis par l'État, tous secteurs confondus, dans le ferroviaire. Enjeu de service public, mais aussi de la transition écologique voulue par le  gouvernement, le réseau ferroviaire devrait être amené à être davantage développé dans les prochaines années. "Il faut que tout le monde s'y mette, il faut des effort de productivité", a affirmé Jean Castex, notamment pour garantir la "relance du fret ferroviaire". En Centre-Val de Loire par exemple, 7,5 millions d'euros ont été investis pour sauvegarder la ligne de fret Les Aubrais-Orgères-en-Beauce.

Un volet du plan de relance

Dans le cadre du plan de relance, 100 millions d'euros devraient être consacrés aux trains de nuis, bien moins polluants que l'avion, et connectant des petites gares. "C'est une part de notre histoire, c'est un rapport avec le territoire extraordinaire", s'est exclamé le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou à l'arrivée. "C'est aussi un lieu propice à la discussion, et il y a une sensibilité forte sur les sujets écologiques, portée par les jeunes générations. Ça ouvre de très belles perspectives". Outre le Paris-Nice, le gouvernement veut rouvrir, d'ici au mois de décembre, la ligne Paris-Tarbes, fermée en 2016-2017, et qui passe par Orléans. A l'heure actuelle, un service quotidien dessert aussi les lignes Paris-Latour-de-Carol en passant par Orléans et Toulouse, et les lignes vers Albi et Portbou passent également par la cité johannique.


Le gouvernement veut aussi lancer un Paris-Munich-Vienne de nuit à la fin de l'année. 


"Le Paris-Nice n'est que le début"

Pour le ministre des Transport Jean-Baptiste Djebbari, l'objectif serait d'atteindre "une dizaine de trains de nuit en 2030", comme il l'a affirmé sur Twitter ce 21 mai. Des lignes vers Quimper et le sud de la France passeraient également par Tours, en plus d'Orléans, et un trajet européen permettrait de relier Paris, Tours, le pays basque et Madrid. De quoi prendre des vacances dans le sud de l'Europe sans forcément prendre l'avion ! D'après un rapport ministériel sur "le développement de nouvelles lignes de trains d'équilibre du territoire" transmis au Parlement ce jeudi 20 mai, "le report modal vers le train nuit permet de diminuer de 95% les émissions de CO2" liées aux déplacements des voyageurs qui se reporteraient de la voiture ou de l'avion vers le train.

Le Parlement va débattre des trajets Bordeaux-Paris, Metz-Lyon-Barcelone, Quimper-Genève, ou Paris-Hambourg (Allemagne)-Malmö (Suède), a indiqué le ministre.

Il n'y avait plus - hors arrêts liés à la pandémie ou à des travaux - que deux lignes de trains de nuit en France, de Paris à Briançon, et de Paris à Rodez, Cerbère et Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales). En juillet 2020, Emmanuel Macron avait provoqué la surprise en annonçant "une politique de promotion et de redynamisation des trains de nuit". Les voitures des lignes rescapées doivent être entièrement rénovées d'ici à 2023.

Selon le rapport du 20 mai, le modèle économique de ces lignes, ainsi que sa viabilité financière, "devront faire l'objet d'approfondissements". Mais il apparaît déjà que les longues lignes internationales ont du "potentiel". Le rapport propose aussi des pistes pour optimiser les lignes intérieures, avec des voitures Corail rénovées, puis l'achat de nouvelles rames, l'ouverture à la concurrence, et une gamme élargie allant de la place assise à la cabine avec douche.
 

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