Un vélo cargo électrique à monter soi même : l'idée orléanaise pour vaincre les défis de la mobilité

Depuis 2020, le Vhélio fait son bout de chemin. Imaginé par un bricoleur pour son loisir personnel, le vélo cargo orléanais suit une croissance exponentielle, dans toute la France.

Début 2024, il y aurait une quarantaine de Vhélios en circulation en France. C'est encore peu. Oui mais, "ça double tous les six mois". Le Vhélio, c'est un vélo utilitaire à monter soi-même, sorti du cerveau de Grégory Barrier.

L'engin a trois roues, un pédalier, et de quoi charger environ 200 kg, pilote compris. Selon les modèles, il est possible d'ajouter un moteur électrique avec autonomie de 25 km (voire près du double, selon les derniers tests), et même un toit-panneau solaire qui permet une autonomie largement prolongée.

Graine orléanaise

Grégory Barrier se met à l'œuvre en 2020. À l'époque, il cherche à déplacer des charges lourdes de manière simple, mais aucun vélo-cargo ne le satisfait. "J'ai décidé de fabriquer celui qui me conviendrait." Depuis, il utilise fièrement son invention dans les rues d'Orléans. Et attise la curiosité : "Plein de personnes m'ont dit qu'elles souhaitaient s'en procurer un."

L'association "Vélo solaire pour tous" est créée dans la foulée, pour "partager le concept, faire de la recherche, et diffuser librement et gratuitement les informations pour pouvoir fabriquer l'objet". Car Vhélio n'est pas commercialisé tel quel. L'association ne le vend pas, ne touche aucun profit. Elle liste les pièces à acheter, et les fournisseurs. "Les gens achètent sans intermédiaire, se font livrer et assemblent eux-mêmes ensuite, ça fait des économies."

Et Grégory Barrier l'assure, c'est plus facile que ça n'en a l'air. "Notre objectif, c'est qu'un adolescent de 14 ans soit capable de le fabriquer en autonomie", explique-t-il. L'ensemble de la documentation, et toutes les étapes du montage du Vhélio, est disponible sur le site de l'association, au sein d'un guide complet de 100 pages.

L'affaire demande tout de même de la patience. Ces samedis 24 et dimanche 25 février, une dizaine de bénévoles se sont relayés pendant 24 heures pour construire le maximum de vélos. Chiffre final : trois.

Communauté soudée

Un "espace communauté", en somme un forum, permet à tout un chacun de poser des question, de chercher de l'aide, et de trouver une réponse auprès du millier de membres. Y compris, pour les moins bricoleurs, si un défaut apparaît après coup. Car on ne peut pas vraiment emmener le Vhélio chez Décathlon ou chez son garagiste. Grégory Barrier s'est en revanche assuré que chaque pièce détâchée soit remplaçable, et continue de l'être dans le futur. Pas de rupture de stock possible, c'est une "durée de vie infinie", se targue l'association.

Quatre ans après sa création pour usage personnel, le Vhélio a acquis une philosophie bien différente. Grégory Barrier souhaite désormais toucher "les empêchés de la mobilité", pour leur "proposer une solution à prix compétitif". Le modèle motorisé simple a été estimé par l'association à 4 150 euros, et 5 990 pour le modèle solaire. Du moins, aux tarifs estimés en mai 2023. De quoi répondre aux enjeux de la mobilité du quotidien, les derniers kilomètres bien plus que les voyages à travers la France.

L'association est désormais en recherche de financeurs, pour permettre le développement et l'industrialisation d'un modèle standardisé et déjà monté. "On n'est pas une start-up : on a des financements, et on développe avec. Donc on a des choses initiées, mais on est encore loin du résultat."

Désormais, l'association compte essaimer de la connaissance. Les bénévoles présents au défi de ce week-end vont pouvoir animer, à leur tour, des ateliers dans toute la France. Et alimenter le processus de croissance exponentielle du nombre de Vhélios.