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Grand débat national. Steve, sans emploi à Pithiviers : “Je ne lâcherai pas mon gilet jaune”

Pithiviers : témoignage de Steve, sans emploi : "Je ne lâcherai pas mon gilet jaune" / © A. Rigodanzo
Pithiviers : témoignage de Steve, sans emploi : "Je ne lâcherai pas mon gilet jaune" / © A. Rigodanzo

Steve a 38 ans et vit à Pithiviers (Loiret) avec sa femme et ses deux enfants. Il a quitté Montreuil en Seine-Saint-Denis dans l’espoir d’une vie moins chère, mais les difficultés financières accablent toujours cette famille.

Par Amélie Rigodanzo

Steve, 38 ans, s’est installé il y a peu de temps à Pithiviers. Il vit dans un appartement avec sa femme et ses deux enfants. "Je suis parti de la cité pour vivre un peu en campagne où les loyers sont moins chers." explique-t-il.  Son choix s’est  alors porté sur cette petite ville du Loiret où son épouse a des attaches familiales.
 

Steve pensait bien faire en fuyant le coût élevé de la vie citadine, mais la famille s’est rapidement confrontée aux contraintes d’un quotidien plus rural : "Déjà, il n’y a pas de transports en commun donc on est obligés de prendre notre voiture tous les jours. L’essence n’est pas donnée donc c’est un problème pour se déplacer."
 
 

"Les patrons ne veulent plus payer"

Ce mécanicien automobile de 20 ans d’expérience n’a pas réussi à trouver un emploi dans le pithiverais : "Si je veux trouver un travail, c’est plutôt du côté d’Orléans. Cela fait quand même entre 60 et 70 km par jour donc c’est un peu compliqué."

Et même lorsqu’un emploi se présente, il regrette que ce dernier ne soit pas rémunéré à la hauteur de ses qualifications : "J’ai 20 ans de métier dans la mécanique auto et aujourd’hui on me propose des postes à 1200 euros. Je n’ai pas fait un CAP et 20 ans de mécanique pour toucher 1200 euros ! Et puis c’est vrai qu’aujourd’hui, les patrons ne veulent plus payer non plus."

Steve a donc décidé de changer de voie. Il suit une formation de cariste, une profession plus prometteuse en termes d’embauche. Mais en attendant, la famille vit avec le seul RSA de Steve et doit se serrer la ceinture : " Par exemple là, je n’ai pas payé l’eau. Je n’ai pas les moyens (...) L’électricité aussi, j’ai des factures en retard" explique-t-il.

Avec deux enfants à nourrir et un quatrième membre de la famille en route, Steve est obligé  de "vendre deux, trois bricoles" pour trouver de l’argent :

Quand je fais les courses avec mes enfants et ma femme on en en à chaque fois pour 250 ou 300 euros de courses. C’est un budget.


Il lui faut donc parfois faire appel à des associations comme les Restos du Cœur, ce qu’il a beaucoup de mal à accepter : "Ce n’est pas ma place on va dire. J’ai honte, tout simplement."

Mises bout à bout, toutes ces dépenses sont un fardeau pour la famille, force est de constater que : "La TVA est chère, l’essence est chère, les loyers augmentent... Tout augmente sauf les salaires".
 

Il a rejoint les Gilets jaunes dès le début

Alors quand le mouvement des gilets jaunes est né, Steve n’a pas hésité une seconde à le rejoindre. Il dit s’être "reconnu parmi ces gens" et a donc décidé, lui aussi, d’enfiler son gilet jaune et d’aller manifester sur les ronds-points : "Je suis en colère après le gouvernement parce qu’il y a eu des promesses non tenues (..) J’ai 38 ans, j’ai connu Mitterrand et jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé dans la politique" déplore-t-il.

Steve a des souhaits bien précis comme la mise en place du RIC, le Référendum d’Initiative Citoyenne, ou encore la baisse des charges comme la TVA. Autant de propositions versées aux Grand Débat National, mais ce dernier ne le convainc pas vraiment : "Est-ce que ça va réellement aboutir à quelque chose ?" s’interroge t’il. "Je ne pense pas que c’était nécessaire de faire un grand débat. Les questions étaient déjà posées sur la table depuis le mois de novembre".

Sceptique, le père de famille est donc décidé à poursuivre la lutte : "Je ne lâcherai pas mon gilet jaune, je vais continuer à manifester, je serai toujours derrière les gens." conclue-t-il.
 

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