Un syndicat affirme que le gardien du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est bien mort du Covid-19

Entrée du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran (Loiret) / © France Télévisions
Entrée du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran (Loiret) / © France Télévisions

L'union régionale du syndicat UFAP UNSa Justice a publié samedi 28 mars un communiqué affirmant que leur collègue de la prison de Saran, près d'Orléans, a bien été testé positif au Covid-19, juste après son décès dans la nuit de mercredi à jeudi. 

Par Julie Postollec

"Emporté par le virus", c'est ainsi que débute le communiqué du syndicat UFAP UNSa Justice. Il fait ici référence au surveillant pénitentiaire âgé de 54 ans, brutalement décédé à son domicile dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 mars, d’un arrêt cardiaque consécutif à une embolie pulmonaire. Il était en arrêt maladie depuis une semaine. 
 

D'après le syndicat, la famille du défunt aurait demandé de procéder au dépistage du Covid-19 juste après sa mort. Autorisé par le procureur de la République, le test serait donc positif et le surveillant serait bien mort du coronavirus, affirme l'UFAP UNSa Justice.

Contacté ce samedi 28 mars, le procureur de la République du tribunal d’Orléans a déclaré ne pas communiquer sur ce dossier. Jointe également ce samedi, l’Agence régionale de santé n’a pas confirmé cette information. Quant à l'administration pénitentiaire, elle nous a indiqué ce dimanche 29 mars qu'elle ne s'exprimera pas "eu égard au secret et au respect que nous devons à la famille".
Le syndicat pénitentiaire UFAP UNSA a publié ce communiqué samedi 28 mars. / © UFAP UNSA
Le syndicat pénitentiaire UFAP UNSA a publié ce communiqué samedi 28 mars. / © UFAP UNSA
 

La colère des syndicalistes

Thierry Cordelette, secrétaire général de l'union régionale de l'UFAP Dijon, connaissait bien ce "collègue" qui avait eu auparavant des responsabilités au sein du syndicat.

"Malgré la volonté de l'administration de mettre le couvercle sur les raisons de son décès, on s'y attendait, on avait eu des informations sur son état de santé avant son départ, il était fiévreux depuis plusieurs jours et son état se dégradait", souffle-t-il, touché.

Au-delà de la peine, lui et les autres syndicalistes expriment leur "colère" : "on a laissé des collègues comme celui qui est décédé travailler pendant 15 jours dans la promiscuité que l'on connaît dans les établissements pénitentiaires, pour en arriver à ce résultat", s'insurge Thierry Cordelette.

Si la famille attaque en justice l'employeur, "nous allons [l']aider dans ses démarches pour déposer plainte", affirme-t-il. "Nous allons aussi inciter l'ensemble des personnels pénitentiaires qui vivent ça depuis le début à déposer plainte contre l'employeur pour la mise en danger de leur sécurité"
 

Tristesse et soulagement pour les proches

Du côté des proches, des suites judiciaires sont en effet envisagées comme l'explique un ami de la famille qui souhaite rester anonyme. "Il va y avoir des poursuites et ce test positif, ça viendra appuyer le dossier".

Lui se dit presque "soulagé", même si les sentiments s'entremêlent.

Quand vous avez un défunt, vous souhaitez connaître le coupable. Le coupable, maintenant on sait que c'est le Covid-19.


Il reste malgré tout choqué par le décès brutal de son ami.

C'est très effrayant de voir à quel point le coronavirus peut être fulgurant.

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