Hausse du bonus écologique pour la voiture électrique : vers des Zones à Faibles Émissions (ZFE) à Tours comme à Orléans

Publié le Mis à jour le
Écrit par Bertrand Mallen .

Alors que le Mondial de l'automobile débute ce lundi 17 octobre, Emmanuel Macron a annoncé une hausse du bonus pour l’achat d’une voiture électrique pour les plus modestes. Ce moyen de transport coûte en moyenne 6 à 10 000 euros de plus que la voiture thermique.

Le Mondial de l'auto s'ouvre ce 17 octobre à Paris, sous le signe de la pénurie de carburant. Pour sa 124e édition, le salon international s'est donné pour mission de prouver, à grands coups d'innovations, que la voiture a encore sa place au 21e siècle. Pourtant, sur fond d'effondrement général de la biodiversité et de crise climatique dont les transports sont en grande partie responsable, les véhicules électriques peinent encore à s'imposer, notamment en raison de son coût.

Un bonus écologique pour des véhicules vendus à moins de 47 000 euros

Dans une interview au journal « Les Echos », le président de la République a annoncé que le bonus écologique va être porté de 6.000 à 7.000 euros pour la moitié des ménages les plus modestes achetant une voiture électrique. Le bonus écologique va être porté de 6.000 à 7.000 euros pour la moitié des ménages les plus modestes achetant une voiture électrique "parce que nous voulons rendre la voiture électrique accessible à tous", a justifié le chef de l’Etat qui se sera ce lundi à l’ouverture du Mondial de l’auto à Paris. Ce bonus est valable pour les véhicules vendus moins de 47.000 euros, Emmanuel Macron demande d’ailleurs qu’on renforce la "préférence européenne".

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) bientôt à Tours ou Orléans ?

Loin des grandes annonces, la transition écologique des transports est compliquée sur le terrain. L'une des mesures phares pour encourager, puis contraindre les conducteurs à choisir des voitures plus performantes a été l'instauration de zones à faibles émissions, ou ZFE.

Expérimentées à Paris et dans plusieurs grandes villes, ces ZFE différencient depuis 2015 les véhicules en fonction de leur impact sur l'air ambiant, par le biais des vignettes "Crit'air", classées de 1 à 5. Pour préserver la qualité de l'air et limiter la pollution, les véhicules les plus polluants ne sont plus autorisés à circuler à l'intérieur de la ZFE, sous peine d'amende.

Pour l'heure, la région Centre-Val de Loire ne possèdent pas de ZFE, mais Tours et Orléans devraient toutes deux rejoindre ce label en 2025.

Le Centre-Val de Loire en retard sur la transition

En comparaison de la moyenne nationale, le Centre-Val de Loire est plutôt en retard sur la transition écologiques des voitures thermiques. Les voitures classées en Crit'air 1 (les moins polluantes) ne représentent que 21,3% du parc automobile, contre 25% au niveau national. À l'inverse, les voitures les plus polluantes, qui seront probablement interdites de circulation en ZFE, sont plus nombreuses en Centre-Val de Loire que sur le reste du territoire.

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À ce petit jeu, ce sont les territoires ruraux qui sont le plus en difficulté. Les deux métropoles de la région, Tours et Orléans sont quant à elle au-dessus de la moyenne nationale, avec une belle avance pour Tours Métropole dont les conducteurs sont déjà 29,1% à posséder une voiture "Crit'air 1", contre seulement 27% à Orléans.

En revanche, signe encourageant, la part de voitures moins polluantes augmente progressivement dans la région. Si le nombre de voitures électriques reste infime (et les points de recharge moins important qu'ailleurs en France), le nombre de voitures classées en "Crit'air 1" est passé de moins de 20 000 en 2011 à près de 340 000 en 2021. Il faut leur ajouter près de 560 000 véhicules "Crit'air 2".

Les mobilités douces toujours pas au niveau

En revanche, alors même que la meilleure solution contre la pollution reste la généralisation des mobilités "douces" (transports en commun et vélo), ni Tours ni Orléans ne sont prêtes à sortir du tout-voiture. Si les deux villes ont multiplié les lignes de bus, les offres de tramway sont quant à elles plutôt inégales. À Orléans, la ligne de tram A, ouverte en 2000, reste moins pratique que la voiture pour relier le centre-ville au quartier de la Source, en raison de sa longueur et des détours effectués au sud de la ville.

Heureusement, les Orléanais qui rechignent à prendre la voiture pour 15 kilomètres peuvent se rabattre sur le vélo. Enfin, tout dépend de leur parcours, à en croire l'agacement régulier de certains usagers du vélo. Sur les réseaux sociaux, certains accusent les automobilistes, mais aussi les responsables politiques, qui superposent espaces piétons et espaces cyclistes, mettant en danger les deux catégories d'usagers, pour favoriser les automobilistes.

Plus objectivement, le Baromètre 2021 des villes cyclables trace un portrait nuancé mais sans complaisance de l'agglomération. Cette enquête réalisée par la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) a invité 275 000 répondants de 1625 communes à se prononcer sur différents critères de leur pratique dans leur ville (ressenti général, sécurité, confort...).

Mis à part la commune d'Olivet, qui s'en sort avec la note honorable de C, le reste de l'agglomération est plutôt mal noté, avec une mention spéciale pour les communes de la Chapelle-Saint-Mesmin et Saint-Jean-de-la-Ruelle, qui reçoivent toutes deux la note de G, la plus basse du classement.

Quant à Tours, bien que réputée plus favorable au vélo, elle ne fait pas beaucoup mieux. Le Baromètre des villes cyclables accorde la note plutôt moyenne de D à la plupart des communes de l'agglomération qui figurent dans le classement. En outre, la capitale tourangelle ne dispose pour l'instant que d'une seule ligne de tram ouverte en 2013, la seconde étant toujours à l'étude.

L'arrivée des ZFE dans les deux plus grandes villes de la région devrait donc être relativement confortable pour les voitures, dont une majorité possède déjà la bonne vignette Crit'air dans les deux métropoles. En revanche, pour l'encouragement aux mobilités douce, la route est encore longue. Au regard du réchauffement climatique et des pics de pollution, cette transition est pourtant nécessaire : le transport (essentiellement routier) est la première source d'émission de gaz à effet de serre.

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