Présidentielle 2022 : avant leur congrès, les Républicains du Centre-Val de Loire incertains sur le résultat mais convaincus de l'union future

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Écrit par Thomas Hermans
Les cinq candidats du congrès LR lors du débat du 8 novembre. De gauche à droite : Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand.
Les cinq candidats du congrès LR lors du débat du 8 novembre. De gauche à droite : Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand. © Bertrand Guay/Pool/AFP

À trois semaines du congrès qui désignera le candidat LR pour la présidentielle, les figures du parti dans la région se disent incapable de miser sur un vainqueur à ce stade. L'objectif pour eux : réussir l'union des forces vives.

Exorciser "le spectre de 2017" : mission impossible ou belle promesse ? Pour les militants de droite, la question reste encore très ouverte, alors qu'approche le "Congrès pour la France" du parti Les Républicains. Entre le 1er et le 4 décembre prochains, les adhérents devront décider qui les représentera lors de l'élection présidentielle de 2022. 

Unis vers l'uni

Et si l'unité est affichée, placardée, rabâchée par tous les pontes LR à qui est tendu un micro, les élus du Centre-Val de Loire restent prudents, tout en regardant vers l'avenir avec une confiance plus ou moins feinte. Car la droite doit réussir à se refaire une place dans la politique française, tout en parvenant à réunir en un même camp de fortes têtes ayant décidé de faire cavalier seul après la débâcle de 2017 et l'élimination de François Fillon dès le premier tour de la présidentielle.

Nicolas Forissier, conseiller régional d'opposition, député et patrons des LR de l'Indre, concède que son parti a été "inaudible" pendant la majeure partie du quinquennat d'Emmanuel Macron, mais constate que, "aujourd'hui, nous occupons les médias". Des médias qui retransmettent quatre débats télévisés, opposant avant l'échéance les cinq candidats : Valérie Pécresse, Michel Barnier, Eric Ciotti, Philippe Juvin et le favori des sondages Xavier Bertrand. 

La politesse

Un premier débat, le 8 novembre dernier, a peu ou prou respecté les promesses du parti : plus de politesses que de bassesses, des divergences capables d'être gommées au long terme, et une détestation commune et dirigée vers l'épouvantail Macron. Car tous ont encore en tête 2016 et la primaire ouverte. "Ce ne sont pas les primaires qui ont fait perdre Fillon, précise Nicolas Forissier. Mais l'idée a persisté que des primaires mal gérées laissaient des traces et rendaient difficile le rassemblement." À l'époque, les débats "étaient malheureusement orientés anti-Sarkozy", et "voulaient plus détruire que construire", se souvient aussi Jean-Pierre Door, ancien maire de Montargis et député du Loiret.

D'où l'idée de passer d'une primaire ouverte à un congrès des militants, de 4,3 millions à 100 000 votants. Un échantillon bien plus réduit, mais aussi "plus mobilisé, plus averti", affirme Nicolas Forissier. Ergo, moins besoin de sensationnalisme pour convaincre, et une plus grande facilité à organiser le rassemblement derrière un.e unique candidat.e.

"Le moins mauvais des systèmes"

Pour Gil Avérous, maire de Châteauroux, le congrès est ainsi le "moins mauvais des systèmes", même si "dès qu'on sépare les membres d'une famille, on les oppose un petit peu". Lui-même regrette que le parti ne soit pas parvenu à se doter d'un candidat "naturel". Pourtant, comme ses comparses de la région, il se dit "certain" que l'union est possible après le scrutin. "Tout le monde s'y est engagé dès le départ", garantit-il :

On est convaincus qu'on ne peut pas y arriver avec plusieurs candidats à la présidentielle. Déjà qu'avec un seul, c'est pas gagné...

Gil Avérous, maire LR de Châteauroux

La (re)conquête

L'un des plus gros défis à ce rassemblement est la certaine réputation que se trimballent encore Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui avaient décidé de quitter LR avant d'y revenir spécialement pour pouvoir candidater à ce congrès. Ce bagage "ne les aide pas, concède Nicolas Forissier, ça joue plutôt en faveur de Barnier et Ciotti". Tous deux jouent ainsi la carte de la fidélité face aux militants. "C'est de bonne guerre", ajoute le député de l'Indre. 

Jean-Pierre Door, farouche partisan de Xavier Bertrand -"Je le connais bien et j'ai confiance en lui"- signale de son côté que son poulain "n'est pas le seul à être parti" : "Beaucoup ont quitté de facto en ne renouvelant pas leur adhésion, et sont revenus quand la confiture était bonne", tacle-t-il sans se risquer à donner de noms. 

L'analyse est un peu différente du côté de Gil Avérous. Il considère que "le lien a vraiment été coupé" entre Xavier Bertrand et les militants lorsqu'il a décidé de se lancer dans la course "tout seul, tout en demandant le soutien de la famille". Une attitude "vécue comme pas acceptable", ce que le maire de Châteauroux dit avoir "vu dans les réunions du groupe politique". Des frictions, selon lui, résolues depuis que le président des Hauts-de-France a décidé de se ranger en participant au congrès. 

Et si l'union il y aura, encore faut-il savoir derrière qui. Les trois pontes de la région s'accordent sur un constat : le scrutin est encore "très ouvert". Malgré un parrainage accordé à Michel Barnier, Nicolas Forissier lui-même n'a pas encore décidé entre l'ancien commissaire européen et Xavier Bertrand. Les deux hommes semblent occuper la pole position, Bertrand étant le favori des sondages grand public, et Barnier se dessinant comme un chouchou des adhérents. Reste que, en 2016, les débats télévisés avaient accompagné le triomphe à la primaire de François Fillon, pourtant donné largement perdant à quelques semaines du vote. Réponse le 4 décembre.

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