Grève des avocats : Orléans, Bourges et Blois changent de stratégie, Chartres poursuit le renvoi des audiences

Ce lundi, les avocats du barreau de Orléans, Bourges et Blois ont voté en assemblée générale la suspension de la grève des audiences qui durait depuis le 6 janvier dernier. À Chartres, la profession reconduit la grève pour deux semaines.

Les avocats du barreau d'Orléans et de Bourges ont décidé de lever la grève des audiences.
Les avocats du barreau d'Orléans et de Bourges ont décidé de lever la grève des audiences. © Maxppp / Philippe de Poulpiquet
Après huit semaines d'une grève historique des audiences, les avocats de Bourges et d'Orléans ont décidé ce lundi 2 mars de reprendre la route des tribunaux pour se tourner vers de nouvelles formes de contestation. Avec l'objectif affiché de faire tenir le mouvement de protestation contre le projet de retraite universelle dans la durée. À Chartres, les membres du barreau ont appelé à la poursuite du renvoi des audiences.

 
Changement de méthode

Pour Maître Alain Tanton, bâtonnier du barreau de Bourges, ce tournant dans la mobilisation n'est qu'un "changement de méthode".

Le recours au 49-3 a coupé court aux débats en première lecture à l'Assemblée nationale, explique-t-il. On s'inscrit désormais dans un calendrier beaucoup plus long, probablement jusqu'à juin. Et on sait très bien qu'une grève totale des audiences n'est pas tenable sur une période aussi longue.

Mais les avocats berruyers n'excluent pas pour autant une reprise ponctuelle de la grève "si nécessaire". Notamment lorsque le texte reviendra en deuxième lecture devant les députés.
 

Chartres maintient le blocage

À Chartres, en revanche, la profession réunie lundi soir a décidé de suivre le mot d'ordre national en maintenant la grève des audiences. "Au moins jusqu'à l'assemblée générale du conseil national du barreau le 14 mars, explique Vincent Rivierre. Ensuite, on décidera en fonction de l'avis émanant de nos instances nationales."
 
Ça, c'est pour le court terme. Pour la suite des débats, les avocats chartrains prévoient des actions de "lobbying" auprès des parlementaires. D'abord au Sénat, où le projet sera acheminé dans les semaines à venir. Puis à l'Assemblée nationale lorsque le texte sera examiné en seconde lecture.
 

Actions ciblées contre l'État

En attendant, les membres du barreau de Bourges et d'Orléans s'accordent sur une multiplication d'actions directement ciblées contre la chancellerie. Comprendre : chaque fois que l'État ne respectera pas ses obligations légales, des actions d'assignation en responsabilité à son encontre seront intentées.

Sans compter l'entrée du barreau orléanais dans la campagne municipale. Les avocats ont en effet décidé d'envoyer un courrier au président de la République ainsi qu'aux candidats aux élections municipales.

Avec environ 220 avocats et autant de salariés, nous faisons partie du tissu local, défend Hugues Leroy, bâtonnier du barreau d'Orléans. À ce titre, nous méritons d'être protégés et nous réclamons une cohérence entre le discours national et local.

 

Peser dans la campagne des municipales

Une action qui fait naturellement écho à celle des avocats tourangeaux. Ces derniers ont constitué une liste présentée aux élections municipales le 15 mars prochain, pour lancer un message fort au gouvernement.

 

Réception des cahiers de doléances

Le lundi 9 mars, les avocats de Bourges receptionneront les cahiers de doléances partis le 26 février de Montpellier. Ils les achemineront jusqu'à Orléans, avant de partir pour Chartres, Versailles et Paris. Cette course de relais aura traversé le sud du pays pour arriver à Paris le 11 mars.

Suspension de grève pour certains avocats de la région donc, mais pas de la détermination. "Nous avons bloqué la machine judiciaire pendant huit semaines, se félicite Alain Tanton, et je suis intimement persuadé que la leçon sera entendue. Je n'avais jamais vu ça en 42 ans de métier : ça prouve bien l'unité de notre profession."
 

Convergence des luttes

Dans les jours à venir, les avocats ouvriront le dialogue aux autres professions libérales et indépendantes, également impactées par le passage à une retraite universelle. 
 
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