Rentrée : un salon virtuel organisé pour trouver des professeurs, les difficultés de recrutement s'annoncent aussi en Centre-Val de Loire

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Les résultats des concours d'enseignants en 1er et 2nd degré ne sont pas encore tous tombés que l'on sait déjà qu'on aura du mal à recruter pour la rentrée. Dans certaines matières, il y a moins d'admissibles que de postes. L'académie d'Orléans-Tours, à l'image du reste de la France, tente de trouver une parade.

"Enseignant ? Pourquoi pas !" C'est un peu l'idée de ce salon virtuel organisé par Pôle emploi dans la région Centre-Val de Loire entre le 20 juin et le 6 juillet. Avec le concours de l'académie d'Orléans-Tours, l'organisme de recherche d'emploi tente de trouver le prochain prof de maths de la 6eB, la nouvelle prof de sport des Term 3 ou encore le maître des moyennes sections de la maternelle du coin. Les académies de toute la France rivalisent d'ingéniosité pour qu'il manque le moins de profs possibles devant nos enfants à la rentrée.

Le signal d'alarme a retenti lorsque sont tombés les résultats du Capes et CRPS, respectivement les concours d'enseignant du 2e degré et de professeur des écoles, le 10 mai dernier. Dans plusieurs matières, le nombre de candidats admissibles est plus faible que le nombre de postes ouverts pour la rentrée.

Pas assez d'admissibles pour le nombre de postes ouverts

Les filières les plus touchées sont les mathématiques avec 816 admissibles pour 1035 postes ouverts (en 2021, c’était 1702 candidats admissibles pour 1167 postes) et l’allemand qui est à la peine avec 83 admissibles pour 215 postes (contre 179 admissibles l’année dernière). Autant dire que les résultats d'admission, définitifs et qui verront encore ce nombre se réduire, sont attendus avec angoisse.

Pour les syndicats cette baisse drastique de candidats aux concours s'explique en partie par la réforme "Blanquer" qui a changé les règles d'accès. Pour se présenter au Capes, il faut désormais être en Master 2 et non plus en Master 1. Ils dénoncent une année blanche qui n'a pas été assez anticipée.

Si le Capes est un concours national, le concours de professeur des écoles est découpé par académie. Le taux des admissibles sur nombre de postes passe sous la barre des 1 dans plusieurs académies (cela signifie qu'il y a moins d'admissibles que de postes ouverts). Dans l'académie d'Orléans-Tours, on compte 423 admissibles pour 272 postes de professeur des écoles à la rentrée. La marge de manœuvre est plus faible que l'année dernière : pour le concours 2021, 503 personnes ont été admissibles pour 310 postes. On note que le nombre de postes ouverts a baissé de 14% de 2021 à 2022 dans l'académie Orléans-Tours.

"Cette année, nous avons beaucoup moins de demandes de professeurs souhaitant venir enseigner chez nous", constate amèrement cette cheffe d'établissement d'un collège privé dans le Loir-et-Cher. Or si elle ne trouve pas de professeurs pour la rentrée, elle devra avoir recours à des délégués auxiliaires. Du côté du public, ces professeurs n'ayant pas passé le concours et appelés en renfort sont appelés des contractuels. Et c'est précisément ce type de postes que permet de recruter le fameux salon virtuel proposé par Pôle Emploi en Centre-Val de Loire. 

Un recours aux contractuels en augmentation 

Pour l'académie d'Orléans-Tours, on tient à faire la différence entre ce salon virtuel et les "job dating" proposés par d'autres académies. 

Le salon n'est pas un entretien d'embauche, mais un espace d'information pour les candidats intéressés. Ils pourront parler avec des inspecteurs de l'académie.

Le chargé de communication de l'académie Orléans-Tours

Les filières qui ont le plus besoin en Centre-Val de Loire seraient majoritairement des profs de matières technologiques, de mathématiques, mais aussi du personnel administratif et des infirmiers et médecins scolaires. Le recours aux contractuels a largement augmenté ces dernières années. En 6 ans, le nombre d'enseignants contractuels dans le secteur public a augmenté de 26% en France. Or, le débat est brûlant et ça, depuis des années. Un contractuel, contrairement aux détenteurs des Capes et CRPE, ne passe pas par une phase de formation. "C'est complètement aberrant, s'indigne la cheffe d'établissement d'un collège privé du Loir-et-Cher. Certains se leurrent sur la charge de travail et la difficulté de se retrouver devant une classe d'une vingtaine d'ados. On ne s'improvise pas enseignant.

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