Réouverture des restaurants : à Tours, les professionnels veulent rester prudents

Depuis le dimanche 15 mars, les restaurants sont fermés dans le cadre du confinement. Des établissements en difficultés économiques et inquiets pour leur fonctionnement futur avec la présence du Covid-19.

Fermeture totale depuis le 15 mars
Fermeture totale depuis le 15 mars © France Télévisions / Nathanaël Lemaire
"Rien ne sert de courir, il faut partir à point", une formule qui illustre le point de vue de bon nombre de restaurateurs tourangeaux concernant la réouverture de leur établissement. Fermés depuis le début du confinement, les 2800 établissements d'hotellerie-restauration-bar d'Indre-et-Loire payent un lourd tribu dans cette crise du coronavirus.

Hormis ceux qui s'étaient organisés pour mettre en place un système de vente à emporter, la restauration est à l'arrêt, privant de revenus les 45 000 personnes qui travaillent en Touraine dans ce secteur d'activité. 

Pour l'union des Métiers et des industries de l'hôtellerie 37, si l'effacement des charges sur 3 mois et les prêts garantis sont bienvenus, rien ne vaut une vraie reprise de l'activité économique. Les représentants de la profession se mobilisent pour obtenir une indemnisation de la part des assurances mais l'idée d'une réouverture rapide des bars et restaurants n'est pas envisagée.
 
© France Télévisions / Nathanaël Lemaire

Quand on évoque une date en milieu d'été pour une réouverture dans le respect des barrières sanitaires, c'est-à-dire en espaçant les tables et donc en réalisant moins de couverts, le représentant de l'UMIH Jean-Marie Gervais, se fait prudent: "Une réouverture fin juillet, c'est un peu compliqué malgré nos espoirs de redémarrer. Le plus important pour nous c'est de réouvrir dans de bonnes conditions. Si on ouvre tôt et que l'on travaille à 30 ou 40% de notre capacité, ça ne sera pas rentable".

Comme beaucoup d'autres restaurateurs, Jean-Marie Gervais "préfère attendre que le coronavirus soit éloigné pour pouvoir rouvrir pleinement".
 
Une place Plumereau à Tours privée de ses restaurants
Une place Plumereau à Tours privée de ses restaurants © France Télévisions / Nathanaël Lemaire


Cette fermeture sanitaire, malgré les mesures prises sur le plan bancaire, fiscal ou comptable, va forcément se traduire par d'énormes pertes d'exploitation dans le secteur de la restauration. "Inévitablement, il y aura de la casse, c'est évident. Pas forcément tout de suite, aujourd'hui tout le monde nous aide, mais il faudra bien rembourser un jour ces prêts et la casse, on la mesurera à ce moment là, dans 10 ou 12 mois", précise Jean-Marie Gervais.

Philippe Syberil, à la tête d'un restaurant ouvrier à Bracieux (Loir-et-Cher), va encore plus loin et estime qu'il faut attendre jusqu'en septembre avant de sortir les restaurants du confinement. Il explique que la période "juillet-août va être compliquée. Avec la perte évidente de la clientèle touristique étrangère alors que nos coûts de fonctionnement et de personnel sont fixes, c'est sûr que l'on va perdre de l'argent dans ce cas".

Il ne veut surtout ne pas précipiter l'ouverture de son établissement qui accueille en moyenne 200 couverts par jour : "On redémarrera avec une offre bien travaillée, bien approfondie avec l'adaptation aux nouvelles règles sanitaires. Ouvrir là avec la moitié de ma clientèle et un menu à 14 euros, c'est pas la peine, autant ne pas fonctionner".

A ce jour, la profession de restaurateur reste dans l'inconnu sur le mode de fonctionnement qu'il sera possible de mettre en place. Tandis que la valeur des fonds de commerce s'effondre, la sortie du confinement de ce secteur s'apparente à un redémarrage à zéro.
 
 
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