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Réseau ferroviaire régional en danger : “Ce ne sont pas des lignes sur lesquelles il n'y a personne”

Le président de région et la ministre ont discuté de l'avenir des lignes régionales - Photo d'illustration / © L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Le président de région et la ministre ont discuté de l'avenir des lignes régionales - Photo d'illustration / © L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

François Bonneau, président de la région, s'est entretenu ce mercredi 19 septembre avec la ministre des transports Elisabeth Borne sur l'avenir des petites lignes régionales. 

Par Yacha Hajzler

Tours-Loches, Tours-Chinon, Dourdan-La Membrolle, Chartres-Courtalain et Bourges-Montluçon. Ce sont les cinq lignes régionales qui étaient au coeur, hier soir, des échanges entre le président de la région François Bonneau et la ministre des transports Elisabeth Borne. 

Un entretien de plus de deux heures, au sujet d'une région particulièrement touchée par le vieillissement des installations ferroviaires et la crainte de perdre en attractivité. 
 

Un enjeu essentiel de la ruralité


"Pour ces cinq lignes, il y a une grande urgence, pour un montant important. J’ai voulu véritablement dire à la ministre que ces lignes sont utilisées de manière significative. Qu’elle participent à l’aménagement des territoires, au moment où les territoires ruraux se sentent oubliés, éloignés de beaucoup de choses et parfois abandonnés. Il est indispensable que ce réseau de lignes du XIXème siècle trouve toute sa place dans le XXIème siècle" expose François Bonneau. 

Dans le cadre de la Loi mobilités, le président de région affirme avoir trouvé un "point d'accord avec l'Etat" pour donner la priorité à la modernisation de ces lignes. "Les lignes nationales et de proximité ont été les grandes oubliées de ces trente dernières années au profit des lignes à grande vitesse", regrette-t-il. 
 

L'épineuse question du budget


Sur le principe, tout le monde est d'accord. Mais le nerf de la guerre, comme de coutume, c'est le budget Devant une situation jugée urgente, la région est prête à mettre la main à la poche. "Il faut engager 250 millions d'euros. J’ai redit à la ministre que si l’Etat apportait 50% du financement, alors la région apporterait également 50%."

Comment a été accueillie cette demande de financement de 125 millions ? "L'effort financier demandé a été jugé important", répond prudemment François Bonneau, qui assure avoir tout de même été écouté et entendu. "Nous allons sans délai travailler sur la feuille de route avec la SNCF et le préfet de région pour définir le cadre financier et le cadre d’intervention qui répartira les responsabilités. Je suis à la fois raisonnablement optimiste et tout à fait mobilisé."

Côté région, il va aussi falloir réunir cette somme, alors que le budget global investi dans les territoires est de 300 millions d'euros. "Au sein de ces 300 millions annuels, il nous faudra localiser les 125 millions prioritaires. Quand on fait ça, on ne fait pas autre chose mais ça nous parait absolument indispensable." Reste à savoir quels budgets seront touchés par ce rééquilibrage. 
 

Des lignes (qui s'abîment) à grande vitesse


Pour le Centre-Val de Loire, l'enjeu ferroviaire est important. En fonction des lignes, entre 250 000 et 500 000 personnes circulent chaque années dans nos trains régionaux : de leur domicile à leur lieu de travail, vers les services, les hôpitaux... "Ce ne sont pas des lignes sur lesquelles il n’y a "personne", comme certains le disent. Elles sont essentielles, qui correspondent à une relation indispensable. Si elles devaient être arrêtées, ce serait une perte d’attractivité très préjudiciable pour les territoires", défend l'élu. 

Et le temps presse. Selon François Bonneau, les infrastructures de certaines lignes forceront dès 2019 certains trains à ralentir leur vitesse sur les rails.

"Par exemple, quand le balastre n’est plus stabilisé, il ne peut plus recevoir la circulation d’un train à une vitesse classique de 120km/h. On a un train qui, pour raisons de sécurité, va circuler à 40km/h. La ligne entre Bourges et Monluçon, si des travaux importants ne sont pas fait, elle mettra 98 minutes de plus à effectuer son trajet en 2025. Vous revenez à l’utilisation de la voiture !"

Autres sujets évoqués : la ligne POLT, qui doit être l'objet d'un important investissement, et le projet avorté d'une ligne grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon. Le projet n'a pas été jugé prioritaire par le gouvernement. Si le sujet devait revenir sur le tapis, la région se tient prête. 

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