Retour à l’école le 22 juin : “On a du mal à comprendre qu’un protocole sanitaire puisse évoluer aussi vite”

Mercredi 17 juin, le ministère de l’Éducation nationale a dévoilé le nouveau protocole sanitaire qui devra être respecté dans les établissements scolaires à partir du 22 juin, date de retour à l’école de tous les élèves. Les enseignants et parents d’élèves émettent des réserves.
Tous les élèves doivent reprendre le chemin de l'école le 22 juin avec un nouveau protocole sanitaire.
Tous les élèves doivent reprendre le chemin de l'école le 22 juin avec un nouveau protocole sanitaire. © Alexandre MARCHI / MaxPPP

Le grand retour en classe, c’est lundi. Tous les élèves de maternelle, d’élémentaire et de collège doivent reprendre le chemin de l’école le 22 juin et ce, de manière obligatoire. Pour cette nouvelle rentrée qui interviendra deux semaines avant le début des vacances d'été, un nouveau protocole sanitaire a été dévoilé par le ministère de l’Éducation nationale ce mercredi 17 juin. 

Le retour de tous les élèves se fera grâce à des règles assouplies par rapport au précédent protocole publié début mai. Désormais, il n’y aura plus de distance à faire respecter entre les élèves en classe de maternelle. En classe élémentaire, un mètre de distanciation sera recommandé entre les élèves. Enfin, au collège, un mètre de distanciation devra être respecté entre les élèves. Si ce n’est pas possible, ces derniers devront porter des masques. Mais dans la cour ou lors des séances de sport en plein air, pas besoin de respecter ce mètre.

Des mesures qui ne rassurent pas les enseignants

“On subit ce qu’il se passe, on est toujours dans l’urgence et l’impréparation !” Paul Agard est enseignant de CM2 à Joué-les-Tours et secrétaire départemental départemental du SNUipp-FSU 37. Selon lui, de nombreux directeurs et professeurs d’écoles sont épuisés “moralement et physiquement” face au stress généré par les consignes évolutives sur l'accueil des élèves depuis le déconfinement.

On a du mal à comprendre qu’un protocole sanitaire puisse évoluer aussi vite. Du jour au lendemain, on passe d’une distanciation sociale de 4m2 par élève à 1 mètre latérale, et là on nous annonce qu’elle est supprimée en maternelle. Les avis médicaux sur le Covid-19 sont-ils bien respectés ? On est en droit de se poser la question…

Paul Agard, secrétaire départemental du SNUipp-FSU 37

Même inquiétude pour Estelle Lauverjat-Crépin, enseignante dans une école élémentaire à Bourges qui accueille entre 25 et 28 élèves par classe. “Au déconfinement, j’avais 4 élèves dans ma classe et ça c’est très bien passé. Par contre, avec 12 élèves aujourd’hui, on voit que ça prend du temps de se laver les mains 8 fois par jour par exemple." Le nouveau protocole sanitaire précise que l’application des gestes barrières, le lavage des mains fréquent, l’utilisation du gel hydroalcoolique et un certain nombre de mesures d’hygiène doivent être poursuivies.

Des questions en suspens

Autre interrogation soulevée par les enseignants : le nouveau protocole sanitaire va-t-il suffire à rassurer les parents ? Pas vraiment, selon Martine Rico, représentante régionale de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves). "Beaucoup de familles ne voudront pas remettre leur enfants à l'école et encore moins à deux semaines des vacances d'été", assure Martine Rico qui s'inquiète de la question des transports scolaires qui n'a pas été précisée, mais également du repas du midi. Faute de restauration scolaire, nombre d'écoles demandent aux parents de fournir le déjeuner aux enfants. "Quand on déballe son pique-nique, cela revient à faire de la discrimination !", s'insurge la représentante régionale de la FCPE. "Pour certains élèves, c'est le seul repas de la journée, ce n'est pas correct".

Si, à partir de lundi, les élèves devront théoriquement justifier leur absence avec un certificat médical, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a semblé affirmer ce jeudi 18 juin, au micro de France info, qu'il n'y aurait pas de sanctions pour les parents qui ne remettront pas leurs enfants à l'école, mais "l'instruction est obligatoire", a-t-il rappelé.

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