Six mois après sa création, le secrétariat d’Etat à la ruralité divise

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Écrit par Julie Postollec .

La création du secrétariat d’Etat à la ruralité fin juillet 2020 avait été saluée par une partie des élus locaux de la région Centre-Val de Loire : ils y voyaient le signe que les campagnes n’étaient pas oubliées. Six mois plus tard, les avis sont mitigés.

Il apparaît assez peu dans les médias, certains d’entre vous ne connaissent sans doute pas son nom. Pourtant son poste au gouvernement concerne 70% des communes de la région Centre-Val de Loire. Lui, c’est Joël Giraud, un montagnard nommé en juillet dernier premier secrétaire d’Etat à la ruralité.

Cette faible visibilité signifie-t-elle que l’homme travaille beaucoup dans l’ombre, ou à l’inverse que la création de son secrétariat d’Etat n’a été qu’un coup de comm’ ?

"Il fait le job"

Pour John Billard, maire du Favril (Eure-et-Loir) et secrétaire général de l’association des maires ruraux de France (AMRF), "il fait le job".

"On a beaucoup d’échanges, ça se passe bien". Pour preuve, lorsque nous l’avons appelé, John Billard devait enchaîner sur une réunion avec Joël Giraud pour parler du VTA, le volontaire territorial en administration.

Ce dispositif est censé apporter une aide financière aux communes rurales pour embaucher un jeune. Son rôle serait d’aider les élus, par exemple à monter des dossiers. Contrairement aux édiles de grandes villes, les maires ruraux "nous n'avons pas de directeur de cabinet, des directeurs de services qui nous accompagnent" détaille John Billard. D’où cette demande.

"Ils ont trouvé une solution, je ne sais pas si c’est la bonne."

"Aucun moyen financier"

Ce dispositif fait partie des mesures de l’agenda rural. Déploiement de la 4G, soutien aux petites lignes ferroviaires, services publics à moins d’une demi-heure de chez soi… Il s’agit en résumé d’un plan d’action national en faveur de la ruralité. Un agenda que Joël Giraud présente sur son compte Twitter et anime.

L’agenda rural, c’est le seul point sur lequel André Laignel, maire d’Issoudun (Indre) et vice-président de l’association des maires de France, salue l’action de Joël Giraud.

"On peut mettre à son crédit la finalisation de l’agenda rural, concède-t-il. Le problème de cet agenda, c’est qu’il s’agit d’un catalogue de bonnes intentions qui montrent la volonté de s’adresser aux ruraux, mais il y a peu d’actions concrètes et aucun moyen financier clairement identifié."

"Interrogations graves"

Le maire d’Issoudun souligne d’ailleurs que "quelle que soit la bonne volonté, on continue à avoir un affaiblissement des services publics que ça soit les transports, la grande misère de la santé…".

Il donne l’exemple du système des zones de revitalisation rurale, qui vise à aider le développement des entreprises sur les territoires ruraux à travers des mesures fiscales et sociales. "On a des interrogations graves sur la réforme de ces zones, on ne sait pas très bien comment elles vont perdurer et sur quels critères", s'alarme-t-il.

J’ai beaucoup de sympathie pour l’homme, mais quand je regarde ce qui a pu être mis en œuvre, je n’ai pas constaté de moyens nouveaux.

André Laignel, maire d'Issoudun

 

"Il porte la parole des ruraux au sein des ministères"

Un avis en partie partagé par John Billard : "Ce qu’on dit tous, c’est qu’aujourd’hui il y a plein d’intentions, beaucoup d’annonces, mais on s’aperçoit que dans les préfectures, il n’y a pas de ressources humaines supplémentaires" en faveur des zones rurales.

Le maire du Favril se veut cependant reconnaissant quant à l’action du secrétaire d’Etat au gouvernement. Concrètement, dans le cadre de l’agenda rural, Joël Giraud a "été très actif" dans la mise en place d’un référent ruralité dans chaque ministère, afin que les campagnes soient bien prises en compte dans les décisions nationales et notamment dans l’aménagement du territoire. 

"On sent qu’il y a un travail de fond à faire, mais on sait qu’aujourd’hui, il y a quelqu’un qui porte la parole des ruraux au sein des ministères".

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