Télétravail, pandémie : les restaurateurs accusent à nouveau le coup

Publié le Mis à jour le
Écrit par Christine Launay .

Télétravail, recrudescence de la pandémie, les restaurateurs font face à une nouvelle vague de désaffection de leur établissement.

Les clients de l’après-midi sont attablés dans la salle de restauration. Le cafetier du "Chatelet" termine de préparer trois chocolats chauds fumant et crémeux. Le coude appuyé sur le comptoir, la serveuse patiente tranquillement. Il n’y a pas foule. Depuis le 3 janvier, les nouvelles restrictions n’autorisent plus les consommateurs à rester debout. Exit les petits cafés ou les "demis" servis sur le zinc sauf à avoir des tabourets.

De toutes façons, depuis la crise sanitaire, nous avons perdu cette clientèle, les gens évitent la proximité.

avance Patrick Desbois, un peu désabusé.

Qui ne le serait pas après presque trois ans d’épidémie de Covid-19 ! Elle met la profession à rude épreuve. "C’est le 2e jour des soldes, regardez, il n’y a personne en ville. De plus, les écoles sont en grève, les parents doivent garder leurs enfants". Le mois de janvier s’annonce morose. "Le mois de décembre n’était pas fameux non plus. Après la fin d’un confinement ou des couvre-feux, nous notons un regain d’activité et puis ça retombe".

De l’autre côté du pont Georges V, en bord de Loire, le café-restaurant le "Troquet Royal", affiche l’affluence des petits jours. Une poignée d’habitués, venus prendre un verre au comptoir, est attablée. "Bien obligés" nous dit en souriant, Eniven Chaillou. Avec son mari, ils ont repris l’affaire il y a quelques années. Janvier est toujours un mois calme. Mais cette-fois, "ils n’avaient jamais vu ça". Les clients de l’après-midi, souvent des retraités habitant le quartier, ne se sont pas montrés depuis le début de la semaine.

Lundi, mardi et mercredi, le jeune couple a servi quinze couverts à midi. "Pour nous, ce n’est pas suffisant" avance Eniven. Les employés de l’agence Pôle emploi, installée rue Tudelle, sont en télétravail et privent le restaurant de sa fidèle clientèle. Trois jours de travail obligatoires chez soi mais pas toute la semaine ce qui a permis au "Troquet Royal" de servir ce jeudi une vingtaine de couverts supplémentaires.

"Ce qui nous sauve, c’est que nous sommes une entreprise familiale" nous confie un autre restaurateur qui souhaite garder l’anonymat. Peu de salariés donc moins de charges.



À Tours, où nos confrères de France 3 ont tendu leur micro au milieu de l'hôtellerie-restauration, l'inquiétude est vive. Les brasseries et leur vaste salle sont à la peine. "Avec le confinement, les établissements contraints à fermer ont été indemnisés. En ce début d'année, la crise sanitaire a une forte incidence économique sur nos établissements et pourtant nous ne bénéficions pas d’aides" avance Hervé Buisson de Union des Métiers de l'Industrie de l'Hôtellerie d’Indre-et-Loire.

Le syndicat espère obtenir un nouveau soutien financier pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle.

 

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