Chezelles (Indre-et-Loire) : les habitants privés de réseaux mobiles

Le réseau mobile est très difficile d'accès à Chazelles (37) / © France 3 Centre-Val de Loire
Le réseau mobile est très difficile d'accès à Chazelles (37) / © France 3 Centre-Val de Loire

A Chezelles dans le Chinonais (Indre-et-Loire), les 135 habitants ne peuvent quasiment pas être joints sur leurs téléphones portables. Seule solution fiable dans cette zone blanche : utiliser le téléphone fixe !

Par MM

Chezelles (Indre-et-Loire) est une commune dans le sud-Touraine où les habitants sont souvent privés de téléphone mobile même si les opérateurs annoncent depuis 2011 un taux de fiabilité du réseau 2G autour de 99 % sur tout le territoire.

Un véritable handicap pour Christian Imbert, maire de la commune et président de la communauté de communes du Bouchardais : " C’est un problème récurrent auquel nous devons faire face. Le téléphone portable ce n’est pas seulement un joujou avec lequel on peut envoyer des MMS. C’est un véritable outil de développement pour nos territoires ruraux. Si on veut que la ruralité vive il faudra absolument qu’on développe ces réseaux et qu’on les rendent fiables ".

Un véritable outil de développement pour nos territoires ruraux




Même discours chez Alexandre Dechezelles, auto-entrepreneur installé dans la commune. Revendeur de pièces auto pour voitures anciennes, beaucoup de ses commandes passent par le téléphone mobile et très souvent ses conversations sont coupées . " On a parfois un peu de réseau mais il n’est pas fiable. Ce n’est vraiment pas évident de travailler comme ça ", explique-t-il.

La question des zones blanches n’est en effet pas nouvelle. Le problème a été négligé par les opérateurs depuis plusieurs années. Trop peu peuplées, ces zones n’étaient pas assez rentables pour les acteurs du secteur qui n’ont, par conséquent, jamais réussi à s’entendre pour les couvrir correctement. Un programme prévoyait pourtant un partage de la couverture de ces communes en 2G dès 2003.

Le territoire totalement couvert par la 2G en 2016 et par la 3G mi-2017


Mi-mai 2015, les quatre opérateurs historiques, Orange, Numericable-SFR, Bouygues Telecom et Free, se sont réunis autour d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie. Ils ont trouvé un accord pour se partager la couverture des communes et bourgs situés en zone blanche. Toutes ces zones devraient être couvertes en 2G d’ici à 2016 puis en 3G d’ici à mi-2017. Le chantier qui devrait coûter une quarantaine de millions d’euros par an, dont 40 % seront acquittés par Orange, numéro un du secteur.

Selon le dernier recensement, il y aurait aujourd’hui en France 160 localités qui ne disposeraient d’aucune couverture mobile quelle qu’elle soit. Et 2 200 dans lesquelles il est possible de téléphoner mais pas d’accéder à Internet sur son smartphone avec la 3G.

► Reportage de Patrick Ferret et François-Xavier Mauffrey

 

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