Tours métropole : les cyclistes s'invitent dans la campagne électorale des municipales 2020

Un cycliste au milieu des voitures - Photo d'illustration / © OUEST FRANCE / MAXPPP
Un cycliste au milieu des voitures - Photo d'illustration / © OUEST FRANCE / MAXPPP

Le Collectif cycliste 37, qui existe depuis 1991, veut, dans les programmes, des dispositions favorables au vélo. 

Par Yacha Hajzler

A la croisée de l'urbanisme et de l'écologie, les cyclistes donnent de la voix. Le Collectif cycliste 37 a dévoilé un ensemble de propositions à destination des candidats aux municipales 2020. Intitulé "Pour une vraie politique cyclable métropolitaine", le document joue sur la corde de l'écologie pour motiver les candidats. 
 

L'argument vert


Le collectif cite d'entrée de jeu le premier rapport du Haut Conseil pour le Climat, qui confirme les transports comme l'émetteur principal de gaz à effet de serre. La voiture est responsable à 52% de ces émissions attribuables aux transports. Et, pour appuyer la corrélation entre pratique du vélo et réduction des pollutions, le texte poursuit avec une citation du CEREMA, qui estimait en 2015 que, en agglomération, "40% des trajets réalisés en voiture font moins de 3km"

Pour le Collectif cycliste 37, un vrai effort d'organisation du réseau cyclable métropolitain est à portée de main. En effet, en prenant comme point de départ la place Jean Jaurès de Tours, la grande majorité des communes sont accessibles "entre la dizaine et la quinzaine de kilomètres". Facile ? Pas si sûr : entre la place et la commune de Montlouis-sur-Loire, 12 km, il y a tout de même 45 minutes de pédalage. Sans compter d'éventuels obstacles.

Les axes cyclables que le collectif souhaiterait mettre en place d'ici 2026. / © Collectif cycliste 37
Les axes cyclables que le collectif souhaiterait mettre en place d'ici 2026. / © Collectif cycliste 37


Facile à satisfaire ?


Mais l'association ne manque pas de propositions pour faire advenir son rêve d'une métropole tourangelle à la mode d'Amsterdam. Parmi les propositions, plusieurs sont susceptibles de faire l'unanimité, y compris chez les non-cyclistes. Par exemple :

- "Construire des infrastructures attractives, sûres et efficaces, garantissant aux cyclistes une durée de trajet fiable"
- "Réaliser des aménagements piétons distincts et d'une qualité de revêtement équivalente à celui des cyclistes"
- "Généraliser les double-sens cyclables à Tours"
- "Prendre en compte systématiquement les cyclistes dans les travaux de voirie"
- "Favoriser l'apprentissage du vélo à l'école"

D'autres, en revanche, risquent d'être moins faciles à satisfaire, voire de leur attirer la franche inimitié des autres usagers de la route. Entre autres le "passage de la métropole à 30km/h", la "suppression des stationnement de véhicules motorisés sur 5m en amont de passages piétons" ou encore la mise en place d'une limitation à 20km/h sur les carrefours ainsi que d'une "limitation des arrêts/redémarrages". 
 

Des points bleus pour des zones noires


Avant d'établir ces recommandations et ces parcours, le collectif a invité les cyclistes de toute la France à remplir une carte collaborative, en indiquant les endroits qui leur posent particulièrement problème sur la route. Ces zones sont matérialisées sur la carte par les points bleus. 
 

Ce questionnaire a recueilli plus de 180 000 réponses à travers la France, majoritairement des cyclistes, mais pas que. Dans la région, plus de 200 personnes ont répondu à Chartres, ou encore à Blois. Les cyclistes entendent donc se poser comme une force politique qui, dans le contexte climatique actuel, aura sans doute plus de facilité à se faire entendre. 

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