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Trains “Rémi” en Centre-Val de Loire : des collectifs d'usagers et des élus en butte à la hausse des tarifs

Usagers et élus redoutent que la hausse des tarifs s'accompagne d'une baisse de la qualité du service. Photo d'illustration. / © Philippe Huguen / AFP
Usagers et élus redoutent que la hausse des tarifs s'accompagne d'une baisse de la qualité du service. Photo d'illustration. / © Philippe Huguen / AFP

Qualité de service dégradées, dessertes moins nombreuses : des usagers et des élus protestent publiquement contre la hausse des tarifs des trains en région Centre-Val de Loire. Sur plusieurs lignes, la colère devant le recul de ce service public commence à se faire entendre.

Par Bertrand Mallen

Pour les usagers du réseau ferroviaire, l'augmentation des tarifs sonne comme une raillerie. Des collectifs et des élus de la région tirent la sonnette d'alarme dans l'espoir de renverser la vapeur, dans un contexte de grands travaux d'entretien.

C'est notamment autour de la ligne TGV Bordeaux-Paris, qui traverse Tours et Vendôme, que se cristallise la colère. Mardi, le député d'Indre-et-Loire Daniel Labaronne et ses trois collègues LREM Sabine Thillaye, Fabienne Colboc et Philippe Chalumeau ont annoncé leur intention de se rendre au ministère des Transports afin d'attirer l'attentino de l'État sur plusieurs problèmes.

Tarifs en hausse, qualité en baisse

Joint par téléphone, le député de la troisième circonscription note deux préoccupations majeures : les retards dus à des incidents et à un mauvais entretien "dont nous ne sommes pas à l'origine mais que nous payons aujourd'hui" d'une part, et la hausse des tarifs d'abonnement d'autre part. "Il y a un effort budgétaire important consenti par l'État, mais il faut une meilleure écoute des usagers de la part de la SNCF", poursuit le parlementaire tourangeau.

Dans le reste de la région, la hausse des tarifs fait également grincer des dents. En Eure-et-Loir, l'Association de défense des usagers de la ligne Paris-Chartres-Le Mans (ADULPCM) pointe le caractère "insupportable" de la qualité du service, malgré "quelques améliorations". Face à l'offre de la région concernant la nouvelle gamme "Rémi zen", le collectif déplore une solution "douloureuse" pour les usagers sur des trajets courts, de moins de 75km, les plus touchés par les augmentation des tarifs.

L'ADULPCM s'est en effet penchée sur des cas concrets, et la comparaison est parlante. Sur le trajet Maintenon-Paris, en prenant en compte le paiement d'un pass Navigo intégral, le remboursement par l'employeur selon la loi Fillon et le remboursement de la région, le prix mensuel passe de 57,35€ à 85,10€. Un tarif en hausse de 32% sur un trajet d'à peine 100km. Entre Epernon et Paris, dans les mêmes conditions, le tarif s'envole cette fois de 49,50€ à 71,60€, soit 29% d'augmentation.

"Les usagers d’Epernon feraient la double économie de prendre leur voiture et d’aller jusqu’à Gazeran pour économiser le coût devenu prohibitif de Remi Zen et du parking payant. A l’heure où l’écologie est au centre de toutes les préoccupations, ce n’est pas vraiment vertueux", ironise le collectif.

Dessertes en voie de disparition

Dans les milieux plus ruraux, les usagers s'inquiètent de la présence même d'une desserte près de chez eux. A Argenton-sur-Creuse, dans l'Indre, un collectif s'est constitué pour défendre la desserte quotidienne de la petite gare, située sur la ligne Les Aubrais - Montauban. Pour compliquer les choses, des travaux sur la ligne vont bouleverser des horaires déjà compliqués.

"Ces travaux sont indispensables", reconnaît cependant le Comité de défense de la gare d'Argenton-sur-Creuse. "Nous payons là le laisser-aller des gouvernements successifs dans l'entretien du réseau. À croire que la désorganisation des services publics était et demeure une politique délibérée." Un reproche déjà formulé par le personnel des transports public, mais aussi dans le domaine de la santé et de l'éducation.

"Nous devons être plus attentifs, plus en proximité avec les usagers", admet Daniel Labaronne, député de la majorité. Reconnaissant une "situation dégradée" des services, le parlementaire estime qu'il est possible de trouver des solutions qui ne se résument pas à un coup de masse budgétaire, "mais permettent de faire mieux sans forcément payer plus cher". L'entrevue des quatre députés au ministère, si elle a lieu, pourrait apporter des réponses à cette interrogation.

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