Troisième déconfinement : toujours aucune perspective de réouverture pour les boîtes de nuit

Les discothèques et boîtes de nuit n'ont toujours aucune date de réouverture. Une situation de plus en plus insoutenable pour les professionnels du secteur qui sont dans l'incompréhension face à certaines mesures de déconfinement prévues par le gouvernement. 

Les discothèques sont une nouvelle fois les grandes oubliés du plan de déconfinement
Les discothèques sont une nouvelle fois les grandes oubliés du plan de déconfinement © IP3 PRESS/MAXPPP

"Pour une fois, on a été mentionné dans le plan de déconfinement, mais c'était pour nous dire que nous n'étions pas concernés". Sans surprise, Nicolas Brouand, le patron du New Vegas à la Croix-en-Touraine (Indre-et-Loire), rit jaune après les annonces du Président de la République. Comme près d'un millier d'autres patrons de boîtes de nuit en France, il n'a toujours aucune date de réouverture prévue pour son établissement. Même s'il s'y attendait, la situation devient de plus en plus pesante pour lui et ses confrères. "A force, je crois qu'on ne veut plus de nous"

"Pourquoi les mariages et pas les boîtes de nuit ?"

Sabine Ferrand, présidente régionale de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) et propriétaire du Tango, à Saint-Laurent-Nouan (Loir-et-Cher), sait déjà que ce sera compliqué d'ouvrir dans de bonnes conditions, tout en continuant d'être rentable. "Certes, nous avons des aides et l'activité partielle, mais nous, les propriétaires, nous n'avons plus de salaire depuis la fermeture". Et quand on lui parle de se réorienter vers une autre profession, "il est hors de question de perdre toute une vie de travail. C'est le métier qu'on aime et on ne demande qu'à l'exercer"

Les aides nous permettent seulement de payer les abonnements de téléphone, les terminaux de carte bleue et les taxes des établissements où nous ne pouvons nous rendre pour travailler.

Sabine Ferrand, présidente régionale de l'UMIH et propriétaire de la discothèque le Tango

Même s'il se réjouit de voir la vie reprendre son cours petit à petit, Nicolas Brouand ne comprend pas comment "des mariages accueillant 200 personnes (un tel nombre ne sera autorisé qu'à partir du 30 juin, ndlr)" peuvent avoir lieu dans la sphère privée "alors qu'on peut accueillir 150 personnes dans le respect des règles sanitaires dans des établissements publics". Comme sa consoeur citée plus haut, il reste sur ses positions : il préfère rester fermé qu'ouvrir dans des conditions où il ne sera pas rentable. En revanche, il est remonté contre certaines associations de la région qui "sont autorisées à organiser des dancings". "On en a dénoncé quelques unes à Tours, mais faut m'expliquer pourquoi eux ont le droit et pas nous, alors que l'activité est la même ?".

Vers une réouverture à l'automne ?

Difficile d'attendre que les publics des discothèques, pour la plupart assez jeunes, soient vaccinés. Face à "ces nombreux points non éclaircis", la présidente de l'UMIH du Centre-Val de Loire avait décidé de monter au créneau en mars dernier. Elle avait alors proposé à Alain Griset, ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises (PME), un plan de réouverture des discothèques, de transformation et d'indemnisation, car "certains étaient psychologiquement à bout", en vain. 

Lors de la venue du porte-parole du gouvernement à Blois vendredi 30 avril, elle a pu s'entretenir et évoquer avec lui la détresse dans laquelle vit le monde de la nuit depuis maintenant 16 mois. Elle n'a pas manqué de lui rappeler le manque de visibilité constatée par la profession.

Sabine Ferrand croit en une réouverture entre octobre et novembre. En attendant, certains professionnels essayent de se reconvertir dans la restauration ou dans une activité semblable à celle des bars. Pendant ce temps, au Royaume-Uni, on organise déjà des soirées test dans des discothèques, comme ici à Liverpool.

 

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