Violences faites aux femmes : les annonces d'Edouard Philippe sont-elles "l'électrochoc" annoncé ?

Suite au Grenelle contre les violences conjugales lancé en septembre, Edouard Philippe a annoncé une série de mesures. 

Edouard Philippe, accompagné de la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, annonce les mesures du gouvernement en matière de violences faites aux femmes.
Edouard Philippe, accompagné de la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, annonce les mesures du gouvernement en matière de violences faites aux femmes. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
"Ces mesures doivent être l'électrochoc dont notre société a besoin" a déclaré Edouard Philippe en préambule de ses annonces. Ce 25 novembre, le Premier ministre a dévoilé la série de mesures retenues après le Grenelle contre les violences conjugales, lancé début septembre.

Alors que ce weekend, la marche #NousToutes contre les violences faites aux femmes a rassemblé au moins 49 000 personnes à Paris, et des milliers d'autres dans plusieurs villes de France, le discours était très attendu par les associations et les militant.e.s. 


Les mesures annoncées


Volet éducatif
 
Protection des victimes
 
Réponse judiciaire et policière
 
Prise en charge des auteurs
 


Le gouvernement fait-il du recyclage ?


Malgré certaines dispositions qui répondent à leurs revendications, Nous Toutes et Osez le Féminisme ont dénoncé des effets de manche de la part du gouvernement, et confié une "déception immense". En effet, comme le relève la fondatrice de Nous Toutes, Caroline de Haas, parmi les mesures annoncées, certaines sont déjà prévues par les textes de loi. C'est le cas notamment de la levée du secret médical, déjà prévue pour des cas spécifiques en l'accord du patient. La militante avance le même argument concernant la formation obligatoire des personnels enseignants. Pourtant, le texte de loi qu'elle cite dans son tweet mentionne une "information (...) dispensée à tous les stades de la scolarité". La mesure, prise en 2010, ne s'adresse pas aux enseignants mais aux élèves. 

Edouard Philippe a également annoncé que les médiations familiales ne seraient plus systématiques pour les cas de violences conjugales. Caroline de Haas rappelle à son bon souvenir que "en 2014, la France a ratifié un texte qui INTERDIT la médiation en cas de violences au sein du couple."

Il s'agit en effet de la convention d'Istanbul "sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard", où l'on peut lire, à l'article 47 : "Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour interdire les modes alternatifs de résolution des conflits obligatoires, y compris la médiation et la conciliation, en ce qui concerne toutes les formes de violence". Cette disposition a été réaffirmée en 2016, dans la Loi pour la modernisation de la Justice du XIXème siècle, promulguée durant le mandat d'Emmanuel Macron. 


La question du budget 


Le Premier ministre, lors de son discours, a taclé ceux qui s'adonneraient selon lui au "fétichisme du chiffre", une allusion très peu voilée aux associations qui réclament la somme d'un milliard d'euros consacrée à cette cause. 

Edouard Philippe n'a pas annoncé de moyens supplémentaires par rapport aux annonces déjà faite fin octobre par la secrétaire d'Etat, Marlène Schiappa. Un budget décrypté, et très critiqué, par les associations, qui dénonçaient une "escroquerie". 
 
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