SNCM : « Sauver les emplois », lesquels et comment ?

Ce jeudi  5 Décembre se tient  un  Conseil des ministres européens en charge des  transports. Le ministre français des Transports, Fréderic Cuvillier, sera à Bruxelles. Parmi les sujets abordés, il y aura le dossier SNCM. Entretien avec le ministre français des Transports.

Mardi 3 Décembre, F. Cuvillier nous  a accordé un entretien. Le ministre s’exprimait à la suite du Premier Ministre, Jean Marc Ayrault.
F. Cuvillier s’est montré moins optimiste que le 1er Ministre. Tous deux étaient présents à Montpellier pour les Assises de l’économie maritime.


Le ministre des Transports interrogés par deux journalistes

Une partie de l’entretien a été publiée dans le journal Le Marin du 4 Décembre. Nous vous proposons, ici, l’interview réalisée par Alain Verdi de France 3 Corse Via Stella et Thibaud Teillard, journaliste du Marin.

Pour comprendre la première question, il faut se référer aux déclarations du syndicat CFE-CGC de la SNCM : « (…) le ministre Cuvillier soutient un plan industriel qui préserve 1500 emplois, l’avenir de la desserte de la Corse et du Maghreb et l’existence même de la concurrence, alors que tout ou partie de son cabinet et nombre d’interlocuteurs de l’État travaillent à un scénario de liquidation appelé par l’entente potentielle STE-Corsica Ferries qui supprimerait, au moins 1500 emplois directes sur les 2000 de la SNCM dans les deux régions (…) le double langage doit cesser ». Extrait de l’article du Marin du 28 Novembre 2013.


Question de Thibaud Teillard (Le Marin) : « Entre vos déclarations publiques et ce qui se passe en coulisse, notamment au sein de votre cabinet, il y a deux optiques qui ne sont pas les mêmes » ?

Frédéric Cuvillier : « Vous ne savez pas ce qui se passe dans les cabinets, ni en coulisse. Nous travaillons à travers des solutions à la SNCM. Nous sommes dans des contentieux, la France assume son rôle en faisant appel (…). C’est un dossier extrêmement difficile, qui se complique de jour en jour.
Je ne me résigne pas, je ne me détournerais pas de l’objectif qui est le mien : sauver l’emploi des marins français ».

Q, T.T. : « Est-ce que la SNCM resterait dans son unicité actuelle » ?

R : « Jeudi je serai à Bruxelles, j’essayerai de rencontrer des membres de la Commission. C’est à nous de poursuivre ce que nous faisons : travailler avec tous les acteurs ».

Question de Alain Verdi (France Télévisions) : « ce 3 Décembre le 1er Ministre dit, dans le Marin, « c’est le plan acté par les actionnaires qui est en cours ». On n’a pas l’impression que ce soit cela ?

R : « Vous avez noté que depuis que le plan a été acté, il n’a pas encore été impulsé ».

Q, AV : « est ce que c’est le 1er Ministre qui dit aux actionnaires « allez y, faites le »

R : « Bien sur, comme on a ce plan il faut le faire. Mais on a un contexte qui change avec les condamnations successives que je ne dois pas sous estimer ».

Q, AV : « Vous avez dit au journal La Provence, l’État ne paiera pas ». La Provence du 23 Novembre.

R : « « Nous avons les contentieux, nous avons un travail avec les différents acteurs : actionnaires, représentants des salariés, représentants de l’État. Je suis en train d’assumer les responsabilités d’une période qui est celle de 2007 et 2008.

Q, AV : « Est-ce que la mise à mort programmée de la SNCM, c’est à l’ordre du jour, à la Noël ?

R : Il n’y a aucune mise à mort programmée. Je dois sauver l’emploi. (…) Je vous ais toujours dit, dès le premier jour, je veux sauver l’emploi français,  je veux sauver le pavillon français ».

Q, AV : Mais pas forcement la SNCM ?

R : « La SNCM fait partie de cela, j’ai demain une interrogation sur la compagnie « my ferry link », j’ai aussi à travailler sur « Brittany Ferries », ce n’est pas simple ».


L'emploi des marins français d'abord

Cet entretien laisse un certain nombre d’interrogations en suspend. Mais on peut noter que le Ministre parle deux fois de « l’emploi des marins français ».
Il n’y a aucune affirmation sur l’avenir de la compagnie SNCM.
Cet entretient a été réalisé dans l’après midi du 3 Décembre.
Le matin même, le 1er Ministre répondait à une question sur ce thème au journal Le Marin.

Q : « La situation de la SNCM semble inextricable l’État a pourtant la main, en tant qu’actionnaire principal, en direct et via Transdev. Peu-on éviter un nouveau Sea France ?

Jean Marc Ayrault : « La SNCM est dans une situation effectivement très difficile, principalement en raison des décisions prises par la Commission Européenne de réclamer le remboursement des sommes perçues pour la desserte de la Corse et au moment de la privatisation. Nous avons engagé les recours nécessaires contre ces décisions.
Ce sont toutefois des procédures judiciaires longues. La priorité à court terme, c’est donc que la SNCM se modernise. C’est l’objet du plan de transformation adopté par les actionnaires à l’été dernier. Je suis attaché au maintien d’un service public de haut niveau permettant d’assurer la continuité territoriale entre la Corse et le continent ». Extrait Le Marin, mardi j3 Décembre 2013.


Prudence et coût social

Cette prudence du ministre des transports, par rapport au 1er Ministre qui parle, le matin même, du plan industriel de Transdev, toujours en devenir, amène une autre interrogation.

Que va-t-il se discuter à Bruxelles, quel plan ? 

Celui de relance industrielle de la SNCM ou la reprise d’une partie de l’activité de la compagnie ?

Si c’est le scénario de la SEM régionale qui est défendue par le Gouvernement, le coût social en matière « d’emploi des marins français » ne sera pas le même.
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