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SNCM - CMN : les navires appareillent de nouveau

Après neuf  jours de conflit, les personnels de la SNCM et de la Méridionale ont mis fin à leur grève ce 9 janvier. Selon les syndicats, ils ont obtenu des garanties suffisantes sur le pavillon français et sur le plan de redressement de la SNCM. 
Port de Marseille, le 9 janvier 2014
Port de Marseille, le 9 janvier 2014 © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Ce jeudi 9 janvier, à destination et au départ de la Corse, les navires ont appareillé aussitôt après le vote entérinant la reprise du travail. 
Les rotations de bateaux de la SNCM devraient reprendre jeudi soir ou vendredi.
La grève, qui a entraîné l'immobilisation de six navires desservant la Corse et le Maghreb, a affecté 8.000 passagers au total, pour une perte de recettes chiffrée à 1,25 million d'euros.
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Le trafic reprend à Marseille

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Unanimité pour la fin du conflit

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Des assemblées générales sur différents navires


Deux engagements

"Nous avons obtenu deux engagements forts: la régulation de la concurrence dans un milieu très concurrentiel entre la Corse et le continent et le lancement du projet industriel", a expliqué à l'issue de l'AG le représentant CFE-CGC des officiers, Pierre Maupoint de Vandeul, qui prévient néanmoins qu'ils resteront vigilants.

Concernant le second point, la Banque publique d'investissement (bpiFrance) et la Caisse des dépôts (CDC) vont étudier "les solutions financières" en vue de l'achat de quatre bateaux.

Deux navires propulsés au gaz, de type cargo mixte, doivent être commandés avant fin juin, selon le relevé de décisions du ministère que l'AFP a pu consulter, pour une livraison en 2016.

Cette commande, prévue dans le plan de sauvegarde que les actionnaires (Transdev à 66%, État à 25%, salariés à 9%) avaient voté au printemps, puis en septembre, était assortie d'efforts sociaux de la part des salariés, qui ont d'ores et déjà accepté la suppression de 500 emplois et l'augmentation du temps de travail pour les marins.

Mais ce plan de redressement n'avait cessé d'être repoussé, Veolia agitant le spectre d'un dépôt de bilan, au grand dam des syndicats et de la direction qui voient dans ce plan la clé d'un retour à l'équilibre de la société.


Un décret anti-dumping social

Deuxième point crucial pour l'avenir de l'opérateur historique des liaisons Corse-continent, la "distorsion de concurrence" créée, selon la SNCM, par la compagnie privée Corsica Ferries, aux navires battant pavillon italien et aux équipages multinationaux.

"Ce que nous avons obtenu, c'est que, dès lors que les salariés, français ou étrangers travaillent entre deux ports français, ils bénéficient du droit du travail français" et donc "de contrats français, des conventions collectives françaises et des minima salariaux français", a précisé le délégué de la CGT-Marins, Frédéric Alpozzo.

Le ministère travaille à l'élaboration d'un décret anti-dumping social, "unique en Europe", avait assuré mercredi Frédéric Cuvillier, promettant "des règles qui sont les mêmes pour tous".

"Nous respectons déjà les conventions collectives françaises", a assuré à l'AFP le directeur général de la Corsica Pierre Mattei, regrettant "le dénigrement" dont elle a fait l'objet pendant le conflit.

"Si le décret n'est pas conforme à la loi européenne, on le fera vérifier", a-t-il ajouté.
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Des avancées et un décret anti-dumping social


Les problèmes d'actionnariat

La SNCM, compagnie comptant 2.600 salariés, aux difficultés chroniques, devra désormais affronter ses problèmes d'actionnariat.

Selon les syndicats, M. Cuvillier a promis "un actionnariat temporaire stabilisé".

Il devra, dans un premier temps, lancer le plan industriel et gérer la double condamnation de la compagnie par Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros d'aides jugées illégales, avant d'examiner, dans un second temps, l'évolution de l'actionnariat.

M. Cuvillier s'est engagé à ouvrir une table ronde sur cet "actionnariat du futur" indispensable, étant donné que Veolia, qui devait récupérer en direct les 66% détenus par Transdev, coentreprise formée avec la Caisse des dépôts, souhaite se désengager.


Un repreneur réaffirme son intérêt pour la reprise de la SNCM

Un repreneur est candidat pour une entrée dans le capital mais sous conditions.
Il s'agit du groupe norvégien "SIEM Indutries".
Ses dirigeants ne veulent pas a rembourser les deux fois 220 millions d'euros réclamés par la Commission Européenne.
"La SNCM reformatée est viable", réaffirme l'armateur Christian Garin qui maintient son intérêt pour une éventuelle reprise.
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Christian Garin - Représentant de SIEM INDUSTRIES

 

Au Sénat ce 9 janvier, la réponse de Fréderic Cuvillier au sénateur Nicolas Alfonsi à propos de la SNCM
M. Frédéric Cuvillier, ministre délégué auprès du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche:
L'Assemblée générale du personnel vient de voter la reprise du travail après une réunion très longue, mais décisive, à mon ministère. Des contentieux anciens se sont accumulés après des projets de privatisation. Il importe qu'il n'y ait plus de dumping social et qu'une concurrence loyale puisse s'exercer dans le transport maritime.
La liquidation de la société a été évitée grâce aux décisions prises par le Premier ministre ; la trésorerie a été assainie.

On peut passer au plan industriel et social. Le contentieux européen n'est pas clos : nous ferons valoir les arguments de la continuité territoriale et des obligations de service public.

L'ensemble des représentants syndicaux avait été associé à la réunion d'hier, visant à donner des perspectives à cette société afin qu'elle soit plus compétitive -avec le renouvellement de sa flotte, avec la recherche d'un financement de la CDC et de la BPI- et bénéficie d'un pacte social permettant le départ volontaire de plusieurs centaines de salariés.

J'avais demandé que l'esprit de responsabilité l'emporte, ce qui s'est produit. L'accord qui vient d'être conclu marque la volonté d'assurer la continuité du service et indique aux usagers que l'activité de la société sera maintenue.
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