Assassinat du préfet Erignac : la demande de rapprochement, en Corse, de Pierre Alessandri toujours bloquée

Condamné à perpétuité pour avoir contribué à l’assassinat du préfet Erignac, son transfèrement vers la prison de Borgo, avait été autorisé en juin dernier, mais le Parquet national antiterroriste avait immédiatement fait appel. Ce mardi, la cour d'appel de Paris ne s'est pas prononcée.

Pierre Alessandri doit encore attendre. Ce mardi 5 octobre, la cour d'appel de Paris a prorogé le délibéré concernant sa demande de rapprochement dans une prison corse, Borgo, du détenu de 62 ans. C'est-à-dire que le juge a reporté la date à laquelle il devait rendre sa décision.

Contacté, son conseil, Maître Eric Barbolosi, a indiqué qu'une nouvelle date serait communiquée prochainement sans vouloir faire plus de commentaires.

Le 28 juin dernier, le tribunal d'application des peines antiterroriste avait décidé de placer Pierre Alessandri en semi-liberté à la maison d'arrêt de Borgo à compter du mois d’août 2021. Une décision dont le parquet national antiterroriste avait immédiatement fait appel suspensif.

Un refus jugé "discriminatoire"

Pierre Alessandri, arrêté avec Alain Ferrandi en 1999, a été condamné en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, comme Yvan Colonna, pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998. Depuis plusieurs années, ils contestent le refus de leur rapprochement dans une prison corse, qu’ils jugent "discriminatoire" et synonyme de "vengeance d’Etat". Les deux hommes, incarcérés à Poissy, sont depuis quatre ans arrivés au terme de leur période de sûreté, et donc fondé à demander leur libération conditionnelle.

Néanmoins, avant tout rapprochement dans l'île, la levée de leur statut de "détenus particulièrement signalés" (DPS) est nécessaire. Si en mars 2020, la commission pénitentiaire locale de Poissy avait émis un avis favorable à cette levée, le Premier ministre, Jean Castex, l’avait refusée le 21 décembre.

Trois jours plus tôt, il avait écarté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, de toute décision relative "aux conditions d’exécution des peines et au régime pénitentiaire" des détenus impliqués dans des dossiers qu’il aurait, en tant qu’ancien avocat ayant défendu Yvan Colonna, eus à traiter.

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