Atteint d'une maladie respiratoire chronique, il réussit un pari fou : grimper à vélo le col de Vergio

Une histoire émouvante s'est jouée au Col de Vergio ce mercredi 15 mai. Philippe Poncet, atteint de la BPCO (la bronchopneumopathie chronique obstructive) a décidé de gravir cette montagne. Un défi sportif pour faire connaître cette maladie, pourtant la troisième cause de mortalité en France.

Au petit matin, c'est un peloton très particulier qui s'élance depuis la commune de Calacuccia (Haute-Corse).  À la tête du groupe : Philippe Poncet, l'homme qui n'a pas froid aux yeux et qui repousse toujours ses limites. Il souffre d'une maladie pulmonaire peu connue, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

En permanence sous assistance respiratoire, il n'en est pourtant pas à son premier défi. En septembre dernier, il accomplissait le col d'Aspin (Hautes-Pyrénées) en 4h, ce mois-ci, il veut s'essayer aux montagnes corses.

Ce qui l'attend aujourd'hui : le Col de Vergio, niché à 1478 mètres d'altitude, puis la descente vers Porto Ota. Une ascension de 23 kilomètres, pas facile pour un cycliste en forme... mais qui devient beaucoup plus éprouvante pour un malade atteint d'une BPCO.

Et c'est bien là l'enjeu de cette belle aventure nationale, le Tour BPCO, qui a lieu pour la 6ème édition : parcourir à vélo des centaines de kilomètres à travers le territoire et faire connaître la BPCO, qui affecte la santé respiratoire de 5 millions de personnes France.

Le combat d'une vie

"Aujourd'hui, on va tenter quelque chose d'impossible pour un malade. À mon stade, on est au bout de la chaîne, les gens ne peuvent plus faire 3 mètres. Il y a plus de 230.000 personnes qui survivent dans ce pays. Maintenant, il va falloir avoir la grinta (la détermination, ndlr) pour grimper le truc qui arrive !", s'exclame le sportif.

Tout le long du parcours, Philippe Poncet évolue accompagné d'amis, d'un médecin et de cyclistes de la région. La montée est rude, car il ne dispose que de 20% de ses capacités pulmonaires, mais il réussit à avancer grâce aux bonbonnes d'oxygènes. Le cycliste consomme 100 litres par minute, il faut donc s'arrêter toutes les 40 minutes afin de remplir chaque bouteille.

"Nous avons un très haut débit d'oxygène, les contenants se vident très vite. Il faut donc être rapide car Philippe est vite en carence", confie Jean-Jacques Roux, le médecin qui l'accompagne.

Malgré la difficulté, Philippe Doucet ne lâche pas son combat, il veut aller jusqu'au bout. Il sait qu'en plus de sensibiliser sur sa maladie, ce défi sportif l'aide à se sentir mieux. "Le système respiratoire s'effondre au fur et à mesure, la seule façon de contrarier ça, c'est de se blinder au niveau physique et solliciter l'ensemble du système musculaire pour compenser cette perte respiratoire", explique Philippe Poncet.

Une maladie peu connue

Après 4h d'effort, le sportif arrive au bout du périple. Un exploit surdimensionné et à l'arrivée, impossible de retenir ses émotions. "C'est impressionnant, car si ce n'était que pour moi, je ne le ferais certainement pas, c'est trop dur. La seule chose qui me permet d'avancer ce sont les conséquences d'un tel défi", confie, ému, le cycliste.

Comme Philippe Doucet, 5 millions de personnes sont affectées par cette maladie, et parmi elles, beaucoup n'ont plus la possibilité de marcher. La BPCO est la troisième cause de décès au monde, devant la sédentarité, et cloue au sol des centaines de milliers de victimes en France.

Pour faire connaître cette pathologie, le Tour BPCO ne s'arrêtera pas seulement en Corse. Le 6 juin, il fera étape à Genève, le 19 juin à Saumur (Maine-et-Loire), le 26 juin à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et Montmorency. La dernière étape sera à Nice le 2 octobre.

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