Les incendies en Gironde ont bouleversé l'emploi du temps du gouvernement, et le planning des élus insulaires s'en trouve chamboulé. La délégation Corse, qui devait se rendre à Paris mercredi, sera finalement reçue jeudi.
Ce matin, à 11 heures, pour la dernière réunion avant le départ pour Paris, il ne manquait pas grand monde : Gilles Simeoni, Marie-Antoinette Maupertuis, les présidents de groupe de l'assemblée avaient répondu présents, mais également les parlementaires et présidents des associations de maires qui avaient été conviés, contrairement à la semaine dernière. Certains autour de la table, dans les locaux bastiais de la CTC, les autres par écran interposé.
Le son de cloche était le même, que ce soit du côté des nationalistes ou de l'opposition : à l'approche de la rencontre parisienne, l'heure n'était pas à la polémique, mais aux échanges, afin de trouver un terrain d'entente, et de présenter un front uni face au gouvernement.
Incendies
Seulement voilà : alors qu'ils réfléchissaient encore au positionnement à adopter, la nouvelle est tombée : mercredi, Gérald Darmanin et Emmanuel Macron se rendront en Gironde, en proie à des incendies ravageurs depuis une semaine.
La rencontre parisienne entre le gouvernement et les élus insulaires,déjà plusieurs fois repoussée, ne pourra donc se tenir à cette date.
"Il y a un regret unanime de ce décalage qui intervient après plusieurs reports, et nous avons hâte que le processus débute, et qu'il réussisse. Mais eu égard à la catastrophe écologique, économique, mais également aux risques qui continuent de planer sur la Gironde, nous avons pris acte de ce report", a déclaré Gilles Simeoni en réaction à l'annonce.
Flou
Les 21 élus corses qui devaient prendre place à la table des négociations devront patienter encore. Mais les délais semblent raisonnables. Même si rien n'est encore officiel, la réunion se tiendra jeudi, selon le président de l'exécutif.
Le problème, c'est que le planning reste flou, ce qui a le don d'irriter singulièrement nombre d'élus de l'île.
D'autant que ce déplacement en Gironde et le délai qu'il provoque remettent en cause la visite de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui devait être en Corse jeudi et vendredi prochains, dans la foulée de la rencontre parisienne.
Il se murmure que le "monsieur Corse" d'Emmanuel Macron pourrait arriver sur l'île jeudi soir, et repartir le samedi, mais rien, une fois de plus, n'est officiel. Et les autorités se gardent bien, pour l'heure, de délivrer la moindre information.
"Unanimité"
Les élus insulaires, en tout cas, sont prêts, affirme Gilles Simeoni au sortir de cette dernière réunion insulaire. Il assure qu'une "unanimité" s'est dégagée plusieurs points : "Tous les élus, quelque soit leur sensibilité, attendent de ce premier rendez-vous qu'il permette de clarifier la position du gouvernement, et que les engagements pris par le ministre Darmanin, que nous avons cosignés, soient respectés. A savoir une véritable dimension politique, notamment avec la perspective d'un statut d'autonomie et d'une révision constitutionnelle, sans oublier les aspects économiques, sociaux, linguistiques et d'infrastructures.
Deuxièmement, il y a une demande, forte, que le gouvernement et la majorité parlementaire prennent en compte la demande de l'assemblée de Corse d'une adaptation de la loi sur le pouvoir d'achat, un enjeu de court terme face à une situation d'urgence".
Les dates restent floues, mais il ne fait guère de toutes que le chantier, lui, s'annonce de taille.