Christian Estrosi veut une taxe de 60 euros par véhicule sur les traversées entre Nice et la Corse

Le 15 septembre dernier, Christian Estrosi a annoncé vouloir taxer les passagers des ferries entre Nice et la Corse. Une annonce surprise qui alerte la compagnie aux bateaux jaune et blanc et politiques.

La mesure n'est, pour l'heure, ni actée, ni programmée, mais elle inquiète. Le 15 septembre dernier, lors des Assises de l'économie de la mer, le maire de Nice, Christian Estrosi, a émis le souhait de créer une écotaxe de 60 euros par véhicule et par escale pour les passagers embarquant sur un ferry pour la Corse au départ de sa ville. Une façon de "dissuader les usagers de ferries d’y transporter leur véhicule personnel" et qui viendrait financer des projets écologiques.

Une annonce alarmante pour Pierre Mattei, président de la Corsica Ferries, qui assure la liaison entre l'île et la capitale azuréenne. Car cette taxe pourrait induire des traversées sans voiture ou des billets majorés de 120 euros pour un aller-retour. "À terme, une telle taxe serait de nature à remettre en cause la viabilité économique de l’escale de Nice ou amènerait à augmenter le prix des traversées de plusieurs dizaines de pourcents ce qui représenterait un effort considérable pour les passagers", a expliqué Pierre Mattei au site internet 20 minutes.

Le port de Toulon plus adapté ?

Dans une volonté environnementale, la métropole niçoise ne cache pas ses ambitions de supprimer définitivement la liaison maritime dont les bateaux rejetteraient à quai, selon Christian Estrosi, autant de CO2 que sur "un aller-retour Bruxelles-New York". De plus, il estime que les ports de Toulon et de Savone (Italie) disposent d'une configuration plus adaptée au transport maritime de passagers.

À Nice, la mesure a fait réagir de nombreux élus. Les conseillers métropolitains du Rassemblement National, Geneviève Pozzo di Borgo et Philippe Vardon, se sont alarmés "d'une décision qui pénalisera les familles les plus modestes, mais qui nuira aussi à la vitalité de la ville."

La conseillère municipale et métropolitaine écologiste, Hélène Granouillac, décrit quant à elle une "mesure gadget et inégalitaire". "On va taper dans les mauvaises poches et sur les mauvaises personnes alors que la Côte d’Azur accueille jusqu’à 50 % des yachts du monde entier. Il faut une vision d’ensemble et globale."

 

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