Climat : "Si on ne fait rien, on pourrait avoir des températures maximales de 50 °C à la fin du siècle" en Corse

Patrick Rebillout, chef du service météorologie de Metéo France Ajaccio, commente les nouvelles projections alarmantes de Météo France à l’horizon 2100. Si les émissions de gaz à effet de serre ne réduisent pas, les températures moyennes risquent d’augmenter de 3,9 °C en France.

L'Ile Rousse vue de la mer.
L'Ile Rousse vue de la mer. © Luc Nobout/MaxPPP

Des températures qui frôlent les 50°C, des vagues de chaleurs encore plus longues, des nuits tropicales et des pluies extrêmes si les émissions de gaz à effet serre ne sont pas considérablement réduites. Voilà le constat que Météo France dresse dans ses nouvelles projections à l’horizon 2021.

"Un rapport alarmant", selon les mots de Patrick Rebillout, chef du service météorologie de Metéo France Ajaccio, mais pas étonnant. Dans ce rapport DRIAS, où Météo France a analys" trente simulations du futur climat européen en partenariat avec l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) et le Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs), trois scénarios sont envisagés.

Les conséquences en Corse ? Des températures très élevées, des sécheresses agricoles plus intenses et fréquentes, des périodes de canicule plus longues et une augmentation des précipitations."

Patrick Rebillout, chef du service météorologie de Metéo France Ajaccio

Le pire, avec une augmentation moyenne de la température de 3,9°C d’ici à la fin du siècle par rapport à la période 1976-2005 (la température a déjà augmenté de 0,8°C depuis la période préindustrielle) en cas de rejets de CO2 non contrôlés, le scénario intermédiaire avec une augmentation moyenne de 2,1°C avec des émissions modérées, et enfin une augmentation de 1°C dans le scénario le moins alarmant.

L'augmentation des températures est actée jusqu'en 2035

Le scénario le plus alarmant est "celui qu’on suit", souffle Patrick Rebillout. Et il pourrait avoir des conséquences terribles en Corse comme ailleurs. "Les conséquences en Corse ? Des températures très élevées, des sécheresses agricoles plus intenses et fréquentes, des périodes de canicule plus longues et une augmentation des précipitations."

L’enjeu réside dans la période 2040-2100, puisque "tout est joué d’ici 2035 avec l’inertie climatique", explique Patrick Rebillout. "On pourrait avoir des températures maximales de 46°C en 2035-2040."

Les canicules de 2003 ou 2017, ce sera un été moyen à l’horizon 2070."

Patrick Rebillout, chef du service météorologie de Metéo France Ajaccio

Et après ? "Les canicules de 2003 ou 2017, ce sera un été moyen à l’horizon 2070", juge le chef du service météorologie de Météo France. "Et si on ne fait rien, la température moyenne augmentera de 4°C à la fin du siècle, il y aura des températures maximales à 50°C, ce n’est pas gérable pour l’humain."

L’accélération du changement climatique, dont ses conséquences a des impacts sur tout l’écosystème, peut être cependant freinée, si les émissions de gaz à effet de serre sont drastiquement réduites.

C’est l’objet des trois scénarios présentés par Méteo France, et d’un rapport qui permet d’adapter la réponse climatique au niveau régional selon Patrick Rebillout, en "simulant les réserves en eau ou les périodes d’aridité, les feux de forêts". Des évènements qui pourraient se multiplier si l’Homme ne répond pas au défi climatique, immense, qui va s’amplifier.

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