La Corse dans la Constitution : Michel Castellani demande au Premier ministre de changer le texte

Le député Michel Castellani a pris la parole lors des questions orales de l'Assemblée nationale. Il a demandé au Premier ministre de changer le texte relatif à l’inscription de la Corse dans la Constitution. Une proposition qui n'est pas à la hauteur des attentes de la majorité territoriale.
© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Sereinement, sans jamais durcir le ton, le député Michel Castellani a interpellé le Premier ministre ce mercredi après-midi lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

L’inscription de la Corse dans la Constitution, telle qu’elle est présentée par l’Exécutif, ne convient pas aux nationalistes qui demandaient une large autonomie. Michel Castellani a demandé au gouvernement de modifier cet article par voie d’amendement.

Alors qu’il s’adressait au Premier ministre, c’est la ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Jacqueline Gourault qui a répondu à sa question. « L’inscription de la Corse dans la Constitution se fera bien dans un article distinct. Cette inscription se fera néanmoins en référence à l’article 72, par la reconnaissance express de la collectivité unique de Corse comme collectivité à statut particulier au sens du 72. Ce qui, vous le savez, sanctuarise la collectivité de Corse », indique la ministre.



« Monsieur le dépité »


Lors de son intervention, la langue de Jacqueline Gourault a légèrement fourché. Elle s’est adressée à Michel Castellani en disant : « Monsieur le dépité ». Un lapsus révélateur qui reflète légèrement l’état d’esprit des députés nationalistes au sortir de la session.

« La reconnaissance de la Corse dans la Constitution en tant que telle n’apporte rien. Que la Corse existe, on le savait. Qu’elle était une île, on le savait. Moi ce qui m’intéresse en tant que député en tant que défenseur de notre île, et de notre peuple, ce sont les compétences. Or, quelles compétences y a-t-il pour l’instant ? Un super préfet si j’ai bien compris et l’Assemblée de Corse qui fait des demandes à l’Assemblée nationale qui répond oui ou non. C’est la situation actuelle », se désole le député.

Jacqueline Gourault n’a pas souhaité s’exprimer à la sortie de la session de questions au gouvernement. L’intervention de Michel Castellani a été applaudie par quelques députés ultramarins, mais aussi par Jean Lassalle. Les députés nationalistes continuent leur lobbying à l’Assemblée nationale avec la tenue d’une soirée dans l’enceinte même du palais Bourbon ce mercredi soir. Une cinquantaine de parlementaires y sont invités.


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